Accueil | Qui sommes-nous? | Numéros parus | Se procurer la RiLi | S'abonner | Newsletter | Contacts | Liens | La toile de la RiLi

La dernière « intox »
de l’industrie atomique :
le nucléaire, une énergie propre et sûre

À propos de Frédéric Marillier, EPR. L’impasse nucléaire

par Jérôme Vidal

à propos de

À propos de Frédéric Marillier, EPR. L’impasse nucléaire

Du 7 au 18 décembre prochain se tiendra à Copenhague, au Danemark, la conférence annuelle des Nations unies sur le changement climatique. Cette conférence sera cette année d’une importance particulière : elle devrait être l’occasion de la signature d’accords déterminants pour la définition d’une stratégie internationale de lutte contre le réchauffement climatique. Elle pourrait bien être aussi l’occasion pour les représentants de commerce de l’industrie nucléaire, au premier rang desquels le président français, Nicolas Sarkozy, de vendre cette énergie comme une solution, sinon la solution, à l’impératif de réduction des émissions de CO2. L’urgence de limiter le changement climatique aura ainsi eu pour effet de permettre de recycler le nucléaire en énergie « propre ».

La lecture d’EPR. L’impasse nucléairede Frédéric Marillier, publié au printemps 2008 par les éditions Syllepse, est un remède efficace à cette tentative d’intoxication. Marillier, ingénieur diplômé en génie de l’environnement, spécialiste des problèmes liés au nucléaire (sûreté, déchets, retraitement), a rejoint Greenpeace en 2001 comme chargé de campagne Énergie, après un passage au sein de l’association des Amis de la Terre. Il déploie dans son livre, avec un art consommé, une argumentation systématique, en faisceau, reprenant point par point tous les aspects du dossier EPR (European pressurized reactor, ou réacteur pressurisé européen) ; il réduit à néant les uns après les autres chacun des boniments que les promoteurs de l’EPR ont tenté d’imposer comme des faits dans le débat public ; il met en valeur le réalisme et l’intérêt des scénarios alternatifs existants, notamment celui préconisé par l’association Négawatt, qui permettrait, en mettant l’accent sur l’efficacité et la sobriété énergétiques, donc non seulement sur le développement d’énergies renouvelables mais aussi sur la limitation de notre consommation d’énergie, de réduire par quatre les émissions de gaz à effet de serre de la France tout en permettant l’arrêt de l’ensemble des centrales nucléaires d’ici 2030.

D’un point de vue argumentatif, la force de la rhétorique d’EPR. L’impasse nucléaire réside non seulement dans l’implacable systématicité du démontage des arguments de la partie adverse, à savoir le lobby nucléaire français, mais aussi peut-être dans la capacité à parler, dans une certaine mesure, le même langage que lui ou, du moins, le même langage que les « décideurs » gouvernementaux et étatiques, à répondre point par point à chacun de leurs arguments en se plaçant sur le même terrain qu’eux : du point de vue d’une gestion gouvernementale « rationnelle » et orientée par l’intérêt général – que les objectifs des « décideurs » soient la réduction des émissions de CO2, le maintien ou la création d’emplois, le développement industriel et commercial de la France, son indépendance énergétique, la maîtrise et l’efficacité des dépenses publiques ou la lutte contre la prolifération nucléaire à l’échelle mondiale –, l’EPR apparaît comme la pire des solutions.

« Mais qu’est-ce donc que l’EPR ? » se demandera le lecteur qui aurait manqué quelques épisodes de la sombre histoire du nucléaire en France et dans le monde. Un réacteur dit « évolutionnaire » – ne reposant pas sur un saut technologique, mais sur une série d’améliorations (bien qu’il soit vendu par ses promoteurs comme de «génération 3») –, basé sur une technologie développée il y a une vingtaine d’années – autrement dit, une technologie qui, à l’échelle de l’histoire de l’industrie nucléaire, est déjà ancienne – et caractérisé par sa puissance supérieure, de 1500 à 1750 mégawatts ; un réacteur alimenté en MOX (combustible composé d’uranium naturel appauvri et de plutonium produit dans le coeur des centrales nucléaires et retraité) ; un réacteur doté d’un « core catcher » en céramique (« un receveur de coeur ») et de bassins d’eau censés pouvoir accueillir et refroidir le coeur en fusion qui aurait transpercé la cuve d’un réacteur lors d’un accident. Ces caractéristiques permettent à Areva, le géant français du nucléaire, de prétendre que l’EPR est une technologie à la fois exceptionnellement rentable (du fait de sa puissance) et d’une sûreté sans équivalent (grâce au core catcher).

Frédéric Marillier, à l’encontre des partisans de l’EPR, affirme que ce réacteur ne dissout aucune des objections dirimantes opposées à l’usage du nucléaire, etaggrave même une partie des problèmes posés : risques d’accident majeur, problème du traitement des déchets, risques de prolifération du nucléaire militaire, mais aussi pollution des fleuves et des mers, dangers liés au transport des matériaux et des déchets, pollution engendrée par les mines d’uranium et problèmes de radioprotection des travailleurs.

Reprenons les principaux arguments qu’il développe :

S’agissant de la sûreté du réacteur : 1) l’EPR est prévu pour durer soixante ans, soit davantage que les anciennes centrales, mais cette prévision semble plus justifiée par des impératifs de rentabilité que par des caractéristiques techniques innovantes de la cuve, et ce d’autant plus, précise Marillier, que « les taux de combustion plus élevés et le recours au combustible MOX vont accroître le bombardement et les contraintes sur la cuve » ; 2) en cas d’accident majeur, le core catcher et ses bassins de refroidissement pourraient s’avérer incapables d’accueillir le coeur et de permettre son refroidissement, et au contraire provoquer de violentes explosions de vapeur susceptibles de détruire l’enceinte de confinement ; 3) les taux de combustion étant plus élevés et les combustibles irradiés étant plus radioactifs, l’impact d’un accident serait plus important qu’avec un autre type de réacteur ; 4) les éléments techniques disponibles, après la publication d’un document classé «confidentiel défense» issu d’EDF, vont à l’encontre de l’affirmation de la PDG d’Areva, Anne Lauvergeon, selon laquelle l’enceinte de confinement du réacteur résisterait à la chute d’un avion de ligne.

S’agissant de la rentabilité du réacteur : 1) le parc nucléaire français étant déjà en surcapacité et étant relativement « jeune », l’installation de réacteurs supplémentaires ne saurait se justifier, dans tous les cas, avant 2023 ; 2) pour la même raison (surcapacité du parc nucléaire français), le taux de disponibilité de 90% prévu (taux de fonctionnement en dehors des arrêts liés aux opérations de maintenance), nécessaire à la rentabilité du réacteur, apparaît irréaliste ; 3) les marchés existants étant incertains et limités, et la technologie de l’EPR étant peu adaptée aux réseaux électriques de nombreux pays (dépourvus des infrastructures permettant d’absorber une quantité d’électricité aussi importante que celle produite par un EPR), on voit mal comment une construction en série, qui permettrait de réduire les coûts, serait possible ; 4) les chantiers de construction du réacteur déjà engagés (en France, à Flamanville, et en Finlande, à Olkiluoto) ont connu des retards et fait apparaître des défauts techniques et des surcoûts considérables, qui rendent caduques les calculs sur lesquels reposait l’évaluation de la rentabilité de l’EPR.

S’agissant de l’emploi, du développement industriel et de l’indépendance énergétique : 1) Frédéric Marillier rappelle que, à investissement équivalent, la productivité des énergies alternatives est supérieure au nucléaire et que les retombées en termes d’emploi sont significativement plus importantes ; 2) la France, parce que l’industrie nucléaire accapare toutes les ressources, est en train de passer à côté de l’opportunité de développer les énergies renouvelables, à fort potentiel d’exportation, alors même que, depuis 2001, la totalité de l’uranium consommé par les centrales françaises est importée (et que les réserves mondiales d’uranium sont estimées, si la consommation actuelle est maintenue, à soixante ans).

S’agissant de la prolifération : l’EPR repose sur l’utilisation de plutonium (un des composants du MOX) ; or celui-ci peut être utilisé à des fins militaires (contrairement à ce qu’Areva a suggéré), de sorte que le développement de l’EPR et les efforts pour l’exporter accroissent grandement les risques de prolifération nucléaire militaire.

S’agissant du réchauffement climatique : 1) Si la production d’électricité émet peu de gaz à effet de serre, l’électricité ne peut se substituer, pour beaucoup d’usages cruciaux (comme les transports), aux énergies fossiles, de sorte qu’elle n’est pas une alternative) ; 2) l’EPR va s’ajouter à un parc nucléaire en forte surcapacité par rapport à la demande en électricité de base ; 3) la construction de l’EPR pourrait même rendre nécessaire la mise en service d’installations émettrices de CO2 pour satisfaire les besoins de pointe (les centrales nucléaires ne pouvant être mises en route rapidement sans danger pour satisfaire ces besoins supplémentaires par rapport à la consommation de base) ; 4) les contraintes lourdes liées à la construction des centrales rendent cette technologie inadaptée à une situation qui exige une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre dans les vingt prochaines années. Et Frédéric Manillier de conclure son développement sur ce point : « Face à la crise climatique, le pari nucléaire est donc un pari extrêmement risqué, avec un gain potentiel faible, voire négatif tant il accapare des ressources au détriment des vraies solutions. Si l’urgence climatique est là, des solutions existent sans tenter le diable nucléaire. Des solutions qui de plus ont bien des avantages par rapport à l’option atomique.» (p. 85)

En répondant point par point aux arguments avancés par le lobby nucléaire, ce livre fournit une utile contre-expertise. Il permet non seulement de se faire une idée précise des enjeux et des termes de « la bataille de l’EPR », mais aussi, plus généralement, des questions soulevées par le recours à l’énergie nucléaire.

On pourra cependant s’interroger sur la stratégie qui consiste à combattre surtout l’adversaire sur son propre terrain, en ne s’autorisant pas à remettre explicitement en question les valeurs et les fins qu’il prétend défendre, comme la « croissance » ou encore la recherche de « l’indépendance nationale ».

On comprend que se manifeste là un souci d’efficacité rhétorique, mais il n’est pas certain que, même de ce point de vue, cette stratégie s’impose : à des arguments techniques, on peut toujours en opposer d’autres, aussi spécieux ou mensongers soient-ils. Il n’en va pas de même dès lors qu’on aborde la question comme une question avant tout politique, et qu’on énonce le fait que l’énergie nucléaire est fondamentalement antidémocratique.

On voit bien pointer cette dimension, en particulier dans les derniers chapitres qui évoquent, à partir du cas de la Finlande et de la France, la façon dont l’opinion publique a été manipulée sous la pression d’un lobby et d’une technocratie qui entretiennent le secret et le mensonge. Mais il ne devrait pas s’agir simplement pour nous de critiquer la gestion opaque du « dossier du nucléaire » : le nucléaire est en effet davantage qu’une technologie excessivement dangereuse et ruineuse ; il n’est tout simplement pas susceptible d’être géré et contrôlé démocratiquement ; il est une forme de pouvoir essentiellement antidémocratique.

C’est qu’il est en effet impossible – étant donné ses coûts et ses dangers – de choisir le nucléaire en connaissance de cause, dans le cadre d’un processus démocratique éclairé « idéal » : le nucléaire ne peut qu’être imposé. C’est aussi qu’il s’agit avec l’énergie nucléaire de l’énergie la moins susceptible de faire l’objet d’un contrôle collectif et local, en raison de ses coûts, de son hypertechnicité et de la bureaucratie qu’elle implique.

Le nucléaire est ainsi par excellence ce qu’André Gorz appelait après Ivan Illitch une « mégamachine » qui, par sa technicité et la complexité de l’organisation qu’elle suppose, dépossède les individus et rend toute maîtrise collective impossible.

Si EPR. L’impasse nucléaire fournit de précieux outils pour démonter l’argumentation du lobby nucléaire, il reste donc à mettre au centre du débat ses enjeux politiques.

(Version révisée le 25 septembre 2009)

En savoir plus:
■ Réseau "Sortir du nucléaire"
■ Campagne internationale "Don't nuke the climate!"


Jérôme Vidal est éditeur et traducteur. Il est l’auteur de Lire et penser ensemble. Sur l’avenir de l’édition indépendante et la publicité de la pensée critique ; et de La Fabrique de l’impuissance. La gauche, les intellectuels et le libéralisme sécuritaire.

Pour citer cet article : Jérôme Vidal, « La dernière « intox »
de l’industrie atomique :
le nucléaire, une énergie propre et sûre », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 06/03/2011, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=433
Rechercher :
Espace abonnés
Mot de passe oublié ?
En kiosque actuellement


Articles en accès libre

Yves Citton - Foules, nombres, multitudes : qu'est-ce qu'agir ensemble ?

à propos de
Collectif, Local Contemporain n°5
Thomas Berns, Gouverner sans gouverner. Une archéologie politique de la statistique
Pascal Nicolas-Le Strat, Expérimentations politiques
Pascal Nicolas-Le Strat, Moments de l'expérimentation


Philippe Minard - « À bas les mécaniques ! »: du luddisme et de ses interprétations

à propos de
François Jarrige, Au temps des "tueuses à bras". Les bris de machines à l'aube de l'ère industrielle (1780-1860)


Jérôme Vidal - La dernière « intox »
de l’industrie atomique :
le nucléaire, une énergie propre et sûre

à propos de
À propos de Frédéric Marillier, EPR. L’impasse nucléaire,


Charlotte Nordmann - Insoutenable nucléaire

à propos de
À propos de Laure Noualhat, Déchets, le cauchemar du nucléaire,


A l'attention de nos lecteurs et abonnés

La Revue internationale des Livres et des Idées reparaît en septembre !

"Penser à gauche. Figures de la pensée critique" en librairie

Jean-Numa Ducange - Editer Marx et Engels en France : mission impossible ?

à propos de
Miguel Abensour et Louis Janover, Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx
Karl Marx, Le Capital


J. R. McNeill - La fin du monde est-elle vraiment pour demain ?

à propos de
Jared Diamon, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie


Antonio Negri - Produire le commun. Entretien avec Filippo Del Lucchese et Jason E. Smith

Alfredo Gomez-Muller - Les luttes des "indigènes en Bolivie : un renouveau du socialisme ?

Arne Næss et la deep ecology: aux sources de l'inquiétude écologiste

Comment vivons-nous ? Décroissance, "allures de vie" et expérimentation politique. Entretien avec Charlotte Nordmann et Jérôme Vidal

Giovanna Zapperi - Neutraliser le genre ?

à propos de
Camille Morineau, L'adresse du politique


Politiques du spectateur

Partha Chatterjee - L’Inde postcoloniale ou la difficile invention d’une autre modernité

Le climat de l’histoire: quatre thèses

Alice Le Roy - Écoquartier, topos d’une écopolitique ?

Jérôme Vidal et Charlotte Nordmann - J’ai vu « l’Esprit du monde », non pas sur un cheval, mais sur un nuage radioactif : il avait le visage d’Anne Lauvergeon1 (à la veille du sommet de l’ONU sur les changements climatiques)

Charlotte Nordmann et Bernard Laponche - Entre silence et mensonge. Le nucléaire, de la raison d’état au recyclage « écologique »

Jérôme Ceccaldi - Quelle école voulons-nous?

Yves Citton - Beautés et vertus du faitichisme

Marie Cuillerai - Le tiers-espace, une pensée de l’émancipation

Tiphaine Samoyault - Traduire pour ne pas comparer

Sylvie Thénault - Les pieds-rouges, « gogos » de l’indépendance de l’Algérie ?

Michael Löwy - Theodor W. Adorno, ou le pessimisme de la raison

Daniel Bensaïd - Une thèse à scandale : La réaction philosémite à l’épreuve d’un juif d’étude

Bourdieu, reviens : ils sont devenus fous ! La gauche et les luttes minoritaires

Samuel Lequette - Prigent par lui-même – Rétrospections, anticipations, contacts

Laurent Folliot - Browning, poète nécromant

David Macey - Le « moment » Bergson-Bachelard

Hard Times. Histoires orales de la Grande Dépression (extrait 2: Evelyn Finn)

La traversée des décombres

à propos de
Bruno Tackels, Walter Benjamin. Une vie dans les textes


Delphine Moreau - De qui se soucie-t-on ? Le care comme perspective politique

Hard Times. Histoires orales de la Grande Dépression (extrait 1: Clifford Burke)

Thomas Coutrot - La société civile à l’assaut du capital ?

Anselm Jappe - Avec Marx, contre le travail

à propos de
Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale
Isaac I. Roubine, Essais sur la théorie de la valeur de Marx


L'histoire du Quilt

Jacques Rancière - Critique de la critique du « spectacle »

Yves Citton - Michael Lucey, ou l'art de lire entre les lignes

à propos de
Michael Lucey, Les Ratés de la famille.


Wendy Brown - Souveraineté poreuse, démocratie murée

Marc Saint-Upéry - Y a-t-il une vie après le postmarxisme ?

à propos de
Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, Hégémonie et stratégie socialiste


Razmig Keucheyan - Les mutations de la pensée critique

à propos de
Göran Therborn, From Marxism to Postmarxism?


Yves Citton et Frédéric Lordon - La crise, Keynes et les « esprits animaux »

à propos de
George A. Akerlof et Robert J. Shiller , Animal Spirits


Yves Citton - La crise, Keynes et les « esprits animaux »

à propos de
A. Akerlof et Robert J. Shiller, Animal Spirits
John Maynard Keynes, Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie


Version intégrale de : Le Hegel husserliannisé d’Axel Honneth. Réactualiser la philosophie hégélienne du droit

à propos de
Axel Honneth, Les pathologies de la liberté. Une réactualisation de la philosophie du droit de Hegel


Caroline Douki - No Man’s Langue. Vie et mort de la lingua franca méditerranéenne

à propos de
Jocelyne Dakhlia, Lingua franca. Histoire d’une langue métisse en Méditerrannée


Pierre Rousset - Au temps de la première altermondialisation. Anarchistes et militants anticoloniaux à la fin du xixe siècle

à propos de
Benedict Anderson, Les Bannières de la révolte


Yves Citton - Démontage de l’Université, guerre des évaluations et luttes de classes

à propos de
Christopher Newfield, Unmaking the Public University
Guillaume Sibertin-Blanc et Stéphane Legrand, Esquisse d’une contribution à la critique de l’économie des savoirs
Oskar Negt, L’Espace public oppositionnel


Christopher Newfield - L’Université et la revanche des «élites» aux États-Unis

Antonella Corsani, Sophie Poirot-Delpech, Kamel Tafer et Bernard Paulré - Le conflit des universités (janvier 2009 - ?)

Judith Revel - « N’oubliez pas d’inventer votre vie »

à propos de
Michel Foucault, Le Courage de la vérité, t. II, Le gouvernement de soi et des autres


Naomi Klein - Ca suffit : il est temps de boycotter Israël

Henry Siegman - Les mensonges d'Israël

Enzo Traverso - Le siècle de Hobsbawm

à propos de
Eric J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991)


Yves Citton - La pharmacie d'Isabelle Stengers : politiques de l'expérimentation collective

à propos de
Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient


Isabelle Stengers - Fabriquer de l'espoir au bord du gouffre

à propos de
Donna Haraway,


Serge Audier - Walter Lippmann et les origines du néolibéralisme

à propos de
Walter Lippmann, Le Public fantôme
Pierre Dardot et Christian Laval, La Nouvelle Raison du monde. Essai sur la société néolibérale


Nancy Fraser - La justice mondiale et le renouveau de la tradition de la théorie critique

Mathieu Dosse - L’acte de traduction

à propos de
Antoine Berman, L’Âge de la traduction. « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire


Daniel Bensaïd - Sur le Nouveau Parti Anticapitaliste

à propos de
Jérôme Vidal, « Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA », RiLi n°9


Iconographie (légende)

La RiLi a toutes ses dents !

Yves Citton - La passion des catastrophes

Marielle Macé - La critique est un sport de combat

David Harvey - Le droit à la ville

Grégory Salle - Dérives buissonières au pays du dedans

Bibliographies commentées: "L'étude des camps" et "Frontière, citoyenneté et migrations"

Jérôme Vidal PS - Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA

Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

à propos de
Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux
Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine
Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie
Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

L’anthropologie sauvage

Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

Frédéric Lordon - Finance : La société prise en otage

Mahmood Mamdani - Darfour, Cour pénale internationale: Le nouvel ordre humanitaire

André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

à propos de
Marcel Gauchet, L’Avènement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche »

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de
Marcel Gauchet,


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de
Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de
Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de
Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos de
Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn - Mai 68 : le débat continue

à propos de
Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

à propos de
Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

à propos de
Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes.

à propos de
Les cours de Gilles Deleuze en ligne
François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée
Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

à propos de
Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie
Tzvetan Todorov, La Littérature en péril
Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes
Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)


Marc Escola - Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire

à propos de
Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature


Xavier Vigna - Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos de
Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68
Serge Audier, La Pensée anti-68
Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective
Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


Peter Hallward - L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

à propos de
Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom ? Circonstances, 4


François Cusset - Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne

à propos de
Jean-Loup Amselle, L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes


Warren Montag - Sémites, ou la fiction de l’Autre

à propos de
Gil Anidjar, Semites : Race, Religion, Literature


Alain de Libera - Landerneau terre d'Islam

Frédéric Neyrat - Géo-critique du capitalisme

à propos de
David Harvey, Géographie de la domination


Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l’avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne

à propos de
Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme


Artistes invités dans ce numéro

Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

à propos de
Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais


François Héran - Les raisons du sex-ratio

à propos de
Éric Brian et Marie Jaisson, Le Sexisme de la première heure :


Michael Hardt - La violence du capital

à propos de
Naomi Klein, The Shock Doctrine


Giorgio Agamben et Andrea Cortellessa - Le gouvernement de l'insécurité

Cécile Vidal - La nouvelle histoire atlantique: nouvelles perspectives sur les relations entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques du xve au xixe siècle

à propos de
John H. Elliott, Empires of the Atlantic World
John H. Elliott, Imperios del mundo atlántico


Antonio Mendes - A bord des Négriers

à propos de
Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History


Nicolas Hatzfeld - 30 ans d'usine

à propos de
Marcel Durand, Grain de sable sous capot. Résistance et contre-culture ouvrière


Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

à propos de
Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

à propos de
Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

à propos de
Alessandro Piperno, Proust antijuif


Artistes invités dans ce numéro

Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

à propos de
George L. Mosse, Zeev Sternhell, Emilio Gentile,


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

à propos de
John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir
Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Slavoj Zizek - La colère, le ressentiment et l’acte

à propos de
Peter Sloterdijk, Colère et Temps


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

à propos de
Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

à propos de
Xavier Bébin, Pourquoi punir ?


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

à propos de
Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de
Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de
Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de
Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de
Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de
Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de
Jack Goody, The Theft of History


Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de
Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de
Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro