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Les mensonges d'Israël

par Henry Siegman

Le Hamas a-t-il, oui ou non, violé le premier la trêve établie en juin 2008 avec Israël ? La propagande à laquelle se livre l’État hébreu ne laisse pas place au doute. Henry Siegman revient ici sur les circonstances et les motivations de la dernière offensive militaire israélienne à Gaza. Pourquoi les dirigeants d’Israël sont-ils aussi déterminés à détruire le Hamas?



Les gouvernements et la plupart des médias occidentaux ont accepté un certain nombre d’affirmations avancées par Israël pour justifier l’offensive militaire contre Gaza : que le Hamas avait constamment violé puis refusé de prolonger la trêve de six mois qu’Israël observait ; qu’Israël n’avait dès lors pas d’autres choix que de détruire la capacité du Hamas de lancer des missiles sur des villes israéliennes ; que le Hamas est une organisation terroriste faisant partie d’un réseau mondial djihadiste ; et qu’Israël n’a pas seulement agi pour sa propre défense mais au nom d’une lutte internationale menée par les démocraties occidentales contre ce réseau.



Je n’ai pas connaissance qu’un seul des grands journaux américains, ou station de radio ou chaîne de télévision, ait, dans sa couverture de l’attaque contre Gaza, remis en question cette version des événements. Au lieu de quoi, la critique des actions d’Israël, s’il y en a eu (et il n’en est venu aucune de l’administration Bush), s’est centrée sur la question de savoir si le carnage opéré par l’armée israélienne était proportionné à la menace qu’elle cherchait à contrer, et si elle prenait des mesures adéquates afin d’éviter de faire des victimes civiles.



La pacification du Proche-Orient a été recouverte d’euphémismes trompeurs. Permettez-moi dès lors de déclarer sans détour que chacune de ces affirmations est un mensonge. C’est Israël, et non pas le Hamas, qui a violé la trêve : le Hamas s’était engagé à arrêter les tirs de roquettes sur Israël ; en échange, Israël devait relâcher l’étranglement de Gaza. En réalité, durant la trêve, il l’a resserré davantage. Ceci a été confirmé non seulement par tous les observateurs neutres et ONG présents sur place, mais encore par le brigadier général de réserve Shmouel Zakai, un ancien commandant de la division Gaza de l’armée israélienne. Dans une interview accordée au quotidien Haaretz le 22 décembre, il accusait le gouvernement israélien d’avoir commis une « erreur centrale » durant la tahdiyeh, la période de six mois de trêve relative, en « ne profitant pas de l’accalmie pour améliorer la situation de misère économique des Palestiniens de la Bande de Gaza, mais au contraire l’aggravant nettement [...].Si l’on instaure unetahdiyeh et que l’on maintient en même temps la pression économique sur la Bande de Gaza, disait le général Zakai, il est évident que le Hamas cherchera à obtenir unetahdiyehaméliorée et que le chemin pour y arriver consiste à reprendre les tirs de Qassam […].Vous ne pouvez pas juste flanquer des coups, laisser les Palestiniens de Gaza dans la détresse économique où ils sont, et espérer que le Hamas restera assis à ne rien faire. »



La trêve, qui a débuté en juin de l’an dernier et qui devait être renouvelée en décembre, exigeait des deux parties de s’abstenir de toute action violente contre l’autre. Le Hamas devait cesser ses attaques à la roquette et prévenir le tir de roquettes par d’autres groupes comme le Jihad Islamique (même les services de renseignement israélien ont reconnu que cela avait été mis en oeuvre avec une surprenante efficacité), et Israël devait mettre un terme à ses assassinats ciblés et à ses incursions militaires. Cet accord a été gravement violé le 4 novembre, lorsque l’armée israélienne est entrée à Gaza et y a tué six membres du Hamas. Le Hamas avait riposté en lançant des roquettes Qassam et des missiles Grad, tout en offrant néanmoins de prolonger la trêve, avec pour seule condition qu’Israël arrête le blocus. Israël a refusé. Israël aurait pu remplir son obligation de protéger ses citoyens en acceptant de relâcher le blocus, mais il n’a pas même essayé. On ne peut pas dire qu’Israël a lancé son attaque pour protéger ses citoyens contre les roquettes. Il l’a fait pour protéger son droit de poursuivre l’étranglement de la population de Gaza.



Tout le monde semble avoir oublié que le Hamas a déclaré une fin des attentats-suicides et des tirs de roquettes lorsqu’il a pris la décision de rejoindre le processus politique palestinien, et qu’il s’y est largement tenu pendant plus d’un an. Bush avait publiquement fait bon accueil à cette décision, la citant comme un exemple de succès de sa campagne en faveur de la démocratie au Proche-Orient. (Il n’avait aucun autre succès à mettre en avant). Lorsque le Hamas, d’une façon inattendue, a gagné les élections, Israël et les États-Unis ont contesté la légitimité des résultats et pris le parti de Mahmoud Abbas, le dirigeant du Fatah. Jusque-là, celui-ci n’avait pas été pris au sérieux par les dirigeants israéliens qui le tenaient pour un « poulet plumé ». Ils ont armé et entraîné ses forces de sécurité afin de renverser le Hamas ; et lorsque le Hamas a – brutalement, certes – prévenu cette tentative violente de renverser les résultats des premières élections démocratiques honnêtes du Proche-Orient moderne, Israël et l’administration Bush ont imposé le blocus.



Israël cherche à justifier ces faits indiscutables par l’affirmation qu’en retirant les colonies israéliennes de Gaza en 2005, Ariel Sharon avait donné au Hamas l’occasion de se mettre en route vers la création d’un État, une occasion qu’il a refusé de saisir ; au lieu de quoi, il aurait transformé Gaza en aire de lancement pour des tirs de missiles visant la population civile d’Israël. L’accusation est fausse à double titre. D’abord, le Hamas, malgré tous ses défauts, a apporté à Gaza un niveau d’ordre et de respect de la loi inconnu ces dernières années, et il l’a fait sans les sommes d’argent énormes que les donateurs faisaient pleuvoir sur l’autorité Palestinienne sous la direction du Fatah. Il a éliminé les gangs violents et les seigneurs de la guerre qui terrorisaient Gaza sous le pouvoir du Fatah. Les musulmans non observants, les chrétiens et autres minorités, jouissent de davantage de liberté religieuse sous le pouvoir du Hamas qu’ils n’en auraient en Arabie Saoudite, par exemple, ou sous bien d’autres régimes arabes.



L’autre mensonge, plus grand, c’est que le retrait de Gaza voulu par Sharon aurait été conçu comme un prélude à d’autres retraits et à un accord de paix. Voici comment le principal conseiller de Sharon, Dov Weisglass, qui fut aussi le chef des négociations avec les Américains, décrivait le retrait de Gaza, dans une interview au quotidien Haaretz, en août 2004 : « Ce sur quoi je me suis effectivement mis d’accord avec les Américains, c’était qu’une partie des colonies[c’est-à-dire les principaux blocs de colonies de Cisjordanie] ne ferait l’objet d’aucune discussion, et que le reste ne ferait pas l’objet de discussion avant que les Palestiniens ne soient devenus des Finlandais[…].La signification[de l’accord avec les États-Unis],c’est le gel du processus politique. Et lorsque vous gelez ce processus, vous empêchez l’établissement d’un État palestinien et vous empêchez une discussion sur les réfugiés, les frontières et Jérusalem. En réalité, l’ensemble de cette proposition qu’on appelle l’État palestinien, avec tout ce que ça comporte, a été retiré de notre agenda, et ce pour une durée indéfinie. Et tout ça, sous l’autorité et avec la permission du[président Bush]et la ratification des deux chambres du Congrès. » Les Israéliens et les Américains pensent-ils que les Palestiniens ne lisent pas les journaux israéliens ou que lorsqu’ils ont vu ce qu’il se passait en Cisjordanie, ils ne pouvaient se figurer ce que Sharon manigançait ?



Un groupe terroristes?



Le gouvernement israélien aimerait que le monde croie que le Hamas a lancé ses roquettes Qassam parce que c’est ce que font des terroristes et que le Hamas est par essence un groupe terroriste. En réalité, le Hamas n’est pas plus une « organisation terroriste » (expression favorite d’Israël) que le mouvement sioniste durant sa lutte pour une patrie juive. A la fin des années 1930 et 1940, des groupes au sein du mouvement sioniste ont eu recours à des activités terroristes pour des raisons stratégiques. Selon Benny Morris, c’est l’Irgoun qui, le premier, a pris pour cible des civils. Il écrit dans Victimes, Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, qu’un regain du terrorisme arabe en 1937 a « déclenché une vague d’attaques à la bombe contre des foules arabes et des bus, introduisant ainsi une nouvelle dimension au conflit ». Il rapporte, sur la base de documents, des atrocités commises par l’armée israélienne durant la guerre de 1948-1949, reconnaissant dans une interview de 2004 publiée dans Haaretz, que des documents livrés par le ministère israélien de la Défense montraient qu’« il y a eu beaucoup plus de massacres commis par des Israéliens que je ne l’avais pensé au départ […].Dans les mois d’avril-mai 1948, des unités de la Haganah ont reçu des ordres opérationnels disant explicitement qu’ils devaient déraciner les villageois, les expulser et détruire les villages eux-mêmes. » Dans un certain nombre de villages palestiniens et de villes palestiniennes, l’armée israélienne a procédé à des exécutions organisées de civils. Quand Haaretz lui a demandé s’il condamnait le nettoyage ethnique, Benny Morris avait répondu que non : « Il n’y aurait pas d’État juif sans le déracinement de ces 700 000 Palestiniens. C’est pour cela qu’il fallait les déraciner. Il n’y avait pas d’alternative à l’expulsion de cette population. Il était nécessaire de nettoyer l’arrière, de nettoyer les zones de frontière et de nettoyer les principaux axes routiers. Il était nécessaire de nettoyer les villages d’où ils tiraient sur nos convois et sur nos localités. » En d’autres termes, lorsque des Juifs prennent pour cibles et tuent des civils innocents pour faire avancer leur lutte nationale, ce sont des patriotes. Lorsque leurs adversaires le font, ce sont des terroristes.



Il est trop facile de décrire le Hamas simplement comme une « organisation terroriste ». C’est un mouvement nationaliste religieux qui recourt au terrorisme, comme le mouvement sioniste l’a fait durant sa lutte pour un État, avec la croyance erronée que c’est le seul moyen de mettre fin à une occupation étouffante et de favoriser la création d’un État palestinien. Quand l’idéologie du Hamas appelle officiellement à l’établissement de cet État sur les ruines de l’État d’Israël, ceci ne détermine pas davantage la véritable politique du Hamas aujourd’hui que la même déclaration dans la charte de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) ne déterminait les actions du Fatah.



Ce ne sont pas là les conclusions d’un apologiste du Hamas, mais l’opinion de l’ancien chef du Mossad et conseiller à la sécurité nationale de Sharon, Ephraim Halevy. Le leadership du Hamas est passé par un changement « juste sous notre nez », écrivait récemment Halevy dans Yediot Aharonot, en reconnaissant que « sa visée idéologique n’est pas atteignable et ne le sera pas dans un avenir prévisible ». Il est maintenant prêt et désireux de voir l’établissement d’un État palestinien à l’intérieur des frontières provisoires de 1967. Halevy relevait qu’alors que le Hamas n’a pas dit jusqu’à quel point ces frontières seraient « provisoires », « ils savent qu’à partir du moment où un État palestinien sera établi avec leur coopération, ils seront obligés de changer les règles du jeu : ils devront choisir un chemin qui peut les mener loin de leurs visées idéologiques de départ. » Dans un article plus ancien, Halevy signalait également l’absurdité qu’il y avait à relier le Hamas à Al-Qaïda : « Les membres du Hamas sont perçus par Al-Qaïda comme des hérétiques du fait de leur souhait déclaré de participer, même indirectement, à des processus d’entente ou d’accord avec Israël. La déclaration faite par[le chef du bureau politique du Hamas, Khaled]Meshal est en contradiction totale avec l’approche d’Al-Qaïda, et fournit à Israël une opportunité, peut-être historique, de s’en saisir pour le meilleur. »



Pourquoi alors les dirigeants d’Israël sont-ils aussi déterminés à détruire le Hamas ? Parce qu’ils croient que son leadership, contrairement à celui du Fatah, ne peut être contraint à accepter un accord de paix établissant un « État » palestinien fait d’entités territoriales coupées les unes des autres et sur lesquelles Israël pourrait conserver un contrôle permanent. Le contrôle de la Cisjordanie a été l’objectif constant de l’armée, des services de renseignement et des élites politiques d’Israël depuis la fin de la guerre des Six Jours1. Ils croient que le Hamas ne permettrait pas une telle réduction en cantons du territoire palestinien, quelle que puisse être encore la durée de l’occupation. Il se peut qu’ils se trompent au sujet de Mahmoud Abbas et de ses cohortes à la retraite, mais ils ont entièrement raison au sujet du Hamas.



Des observateurs du Proche-Orient se demandent si l’offensive d’Israël contre le Hamas réussira à détruire l’organisation ou à la chasser de Gaza. La question est hors de propos. Si Israël projette de garder le contrôle de toute entité palestinienne à venir, il ne trouvera jamais de partenaire palestinien, et même s’il parvient à démanteler le Hamas, le mouvement finira par être remplacé par une opposition palestinienne beaucoup plus radicale.



Pronostics et coûts stratégiques



Si Barack Obama choisit comme émissaire au Proche-Orient un vieux routier qui reste attaché à l’idée que des protagonistes extérieurs ne devraient pas présenter leurs propres propositions d’accord de paix juste et viable, devraient moins encore presser les parties à les accepter, les laissant au contraire régler leurs différends, il garantira une future résistance palestinienne bien plus extrême que ne l’est le Hamas – et susceptible de s’allier à Al-Qaïda. Pour les États-Unis, l’Europe et la plus grande partie du reste du monde, ce serait le pire résultat possible. Peut-être certains Israéliens, y compris le leadership des colons, croient-ils que cela servirait leurs objectifs, dans la mesure où cela fournirait au gouvernement un prétexte convaincant pour maintenir son emprise sur toute la Palestine. Mais c’est une illusion qui conduirait à la fin d’Israël comme État juif et démocratique.



Anthony Cordesman, un des analystes militaires du Proche-Orient les plus fiables, et ami d’Israël, soutenait, dans un rapport daté du 9 janvier dernier pour le Center for Strategic and International Studies, que les avantages tactiques d’une poursuite de l’opération à Gaza étaient contrebalancés par le coût stratégique – et n’étaient probablement pas plus grands que les gains qu’Israël peut avoir obtenus au tout début de la guerre, dans les attaques sélectives sur des installations du Hamas. « Israël s’est-il embarqué dans une guerre en escalade continue sans objectif stratégique clair, ou au moins un objectif dont la réalisation fût crédible ? », demande-t-il. « Israël finira-t-il par conférer du pouvoir, en termes politiques, à un ennemi qu’il a défait sur le plan tactique ? Les actions d’Israël porteront-elles gravement atteinte à la position des États-Unis dans la région, à tout espoir de paix, aussi bien qu’aux régimes et aux voix arabes modérés dans le processus ? Pour le dire brutalement, et à ce jour, la réponse semble être oui. » Cordesman conclut en disant que « n’importe quel leader peut adopter une position ferme et déclarer que des gains tactiques constituent une victoire significative. Si c’est tout ce qu’Olmert, Livni et Barak ont pour réponse, alors ils se sont couverts de honte et ont fait tort à leur pays et à leurs amis. »



© London Review of Books, 29 janvier 2009

(Traduit de l’anglais par Michel Ghys)





Henry Siegman
Henry Siegman, directeur du US Middle East Project à New York, est professeur invité à la School of Oriental and African Studies de l'université de Londres. Il a été directeur du American Jewish Congress et du Synagogue Council of America.
Pour citer cet article : Henry Siegman, « Les mensonges d'Israël », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 17/03/2009, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=320
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à propos de
David Harvey, Géographie de la domination


Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l’avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne

à propos de
Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme


Artistes invités dans ce numéro

Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

à propos de
Donna Haraway, Manifeste cyborg et autres essais


François Héran - Les raisons du sex-ratio

à propos de
Éric Brian et Marie Jaisson, Le Sexisme de la première heure :


Michael Hardt - La violence du capital

à propos de
Naomi Klein, The Shock Doctrine


Giorgio Agamben et Andrea Cortellessa - Le gouvernement de l'insécurité

Cécile Vidal - La nouvelle histoire atlantique: nouvelles perspectives sur les relations entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques du xve au xixe siècle

à propos de
John H. Elliott, Empires of the Atlantic World
John H. Elliott, Imperios del mundo atlántico


Antonio Mendes - A bord des Négriers

à propos de
Marcus Rediker, The Slave Ship. A Human History


Nicolas Hatzfeld - 30 ans d'usine

à propos de
Marcel Durand, Grain de sable sous capot. Résistance et contre-culture ouvrière


Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

à propos de
Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

à propos de
Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

à propos de
Alessandro Piperno, Proust antijuif


Artistes invités dans ce numéro

Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

à propos de
George L. Mosse, Zeev Sternhell, Emilio Gentile,


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

à propos de
John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir
Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Slavoj Zizek - La colère, le ressentiment et l’acte

à propos de
Peter Sloterdijk, Colère et Temps


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

à propos de
Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

à propos de
Xavier Bébin, Pourquoi punir ?


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

à propos de
Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de
Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de
Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de
Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de
Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de
Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de
Jack Goody, The Theft of History


Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de
Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de
Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro