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La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

A propos de Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines

par Stephen Bouquin

à propos de

Xavier Vigna

L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines

L’Insubordination ouvrière,de Xavier Vigna, se situe aux antipodes du Génération1 d’Hervé Hamon et Patrick Rotman, centré sur Paris et les leaders étudiants. Fruit d’une thèse en histoire soutenue sous la direction de Michèle Zancarini-Fournel, L’Insubordination ouvrière présente les résultats d’une vaste enquête débutant avec les événements de Mai 68 et se terminant avec les grèves des sidérurgistes de Lorraine en 1979.



L’ouvrage commence par retracer les événements de mai-juin, moment cathartique à partir duquel «rien ne sera plus comme avant». L’auteur apporte des éclairages nouveaux à partir de sources peu interrogées jusqu’à présent, telles que les comptes-rendus des Renseignements généraux portant sur l’ampleur du mouvement. Il met en avant le fait qu’au début des grèves, nombre d’entreprises étaient occupées et le restèrent jusqu’au moment où Georges Seguy, secrétaire général de la CGT, exprima sa désapprobation. Le premier chapitre entend ainsi montrer comment l’action gréviste de mai-juin a pris pour cible ce que Vigna nomme l’«ordre usinier» pour désigner l’ordre quasi-carcéral qui règne dans les usines de l’époque. Alors que les syndicats – la CGT davantage que la CFDT – se cantonnaient aux revendications salariales et aux libertés syndicales, les ouvriers se révoltaient contre un système de travail et une déshumanisation par le travail. Toutefois, on ne peut séparer les deux luttes, celle contre l’«ordre usinier» et celle s’opposant à la détérioration de la condition salariale : à l’érosion du pouvoir d’achat depuis 1965-1966 se conjugue la surexploitation manifeste de certaines catégories ouvrières – femmes, immigrés, ouvriers des petites entreprises de province. Cet aspect fait l’objet d’un traitement moindre dans l’ouvrage, mais il n’est pas pour autant négligeable : il contredit empiriquement la thèse des prétendues Trente Glorieuses et d’un compromis fordiste par trop spontané. Il me semble par conséquent important de ne pas opposer la révolte contre l’ordre usinier aux revendications salariales, même si la satisfaction de ces dernières pouvait être une manière d’acheter la paix sociale.



Dans le chapitre consacré à Mai 68, l’auteur développe une orientation quelque peu paradoxale. D’une part, Vigna montre comment l’action ouvrière, mettant en cause l’ordre social de production, était avant tout politique. Mais il reste, d’autre part, éloigné d’une analyse de la crise de régime que fut, également, Mai 68.



Pour Xavier Vigna, la grève générale de mai-juin est d’abord un «immense bruissement» (p.67). Il est inutile de chercher un mot qui identifierait avec un peu plus de précision ce qui est l’un des évènements majeurs du XXe siècle, puisque «les dissertations sur le caractère révolutionnaire ou non du mouvement sont des plus vaines» (p.37). Ceci me semble regrettable, car Mai 68 demeure un événement historique dont l’interprétation, importante pour aujourd’hui, fait controverse : ne pas aborder, même de manière liminaire, cette question, pourrait bien conduire à une aporie. Pour les uns, mai 1968 n’était qu’une grande mobilisation populaire et ouvrière, nourrie par des revendications démocratiques et sociales qui avaient besoin d’un changement de majorité politique (un « gouvernement populaire ») pour être concrétisées. Pour d’autres, mai-juin pouvait non seulement aller plus loin, mais y a été : quand ceux d’en haut sont divisés, quand ceux d’en bas ne veulent plus être gouvernés et quand «les masses» prennent leur destin en main à force d’actions, il y a lieu de parler d’une crise révolutionnaire. A l’appui de cette interprétation sont mobilisés les faits exceptionnels que sont l’ampleur, la durée et l’intensité de LA grève (près de 10 millions de grévistes), et le fait que dans nombre de régions des expériences d’auto-administration – comme par exemple l’organisation de la distribution de vivres et d’essence organisée par les syndicats unis en comité de grève – commençaient à se développer, pouvant mener à une situation de double pouvoir. De manière significative, l’auteur néglige ces faits dans son bref compte-rendu de Mai 68 et privilégie l’événementialité locale des situations d’usine. Certes, il rappelle des moments clefs, au niveau national, dans le développement des évènements : le fait, notamment, que le constat d’accord de Grenelle (en réalité de vagues promesses d’augmentation des salaires et de réduction du temps de travail, nullement appliquées par la suite) ait été mal accueilli et perçu comme insuffisant par une fraction importante des grévistes et des structures syndicales locales ou régionales, celles de la CGT incluses. Il mentionne également la divergence des stratégies syndicales face à la vacance du pouvoir (de Gaulle disparut pendant 48 heures), la CFDT essayant d’improviser une issue politique et la CGT tablant, avec le PCF, sur l’élection d’un gouvernement populaire. Mais que penser de tout cela ? La réponse de l’auteur ne va pas au-delà de l’idée que pendant quelques semaines, le système politico-institutionnel fut tout aussi ébranlé que les relations de travail. Le rejet de l’ordre usinier sur le plan micro-social allait en quelque sorte de pair avec le rejet de l’ordre gaullien.



Mai-juin 68 est-il réductible à cela ? Je ne le pense pas, car son caractère extraordinaire s’exprime bien dans cette grève générale sui generis, où se sont entremêlés solidarité avec les étudiants, ressentiment dû au mauvais partage des fruits de la croissance, ras-le-bol envers un régime à tendance autoritaire, et rejet diffus mais largement répandu d’une société moderne en apparence mais archaïque et despotique dans ses structures, relativement au travail comme en dehors de lui. Cette grève générale n’était pas le « grand défoulement » comme aimait à le dire Raymond Aron mais une épreuve de force engagée par une alliance de fait entre la jeunesse et le monde du travail. Dire que de la clairvoyance sur les orientations à prendre à ce moment là a manqué, dans cette épreuve de force, du côté du mouvement ouvrier, a du sens, y compris du point de vue de l’historien : cela fait partie des données à traiter, puisqu’au cours même des évènements l’orientation à suivre faisait débat non seulement entre étudiants et syndicats ouvriers, mais également au sein de ceux-ci. Cela joue également un rôle dans l’explication de l’événement car en face, hormis un moment d’hésitation, il existait une vision nette sur la manière dont on pouvait éviter qu’une crise de régime se transforme en révolution. Ces enjeux du « temps court », de l’événement immédiat ne sont pas négligeables car ils continueront de peser bien après puisque pour les uns, Mai 68 fut une défaite (une occasion manquée) pour d’autres, il s’agit d’une «répétition générale» tandis que pour d’autres encore, il s’agissait d’une demie victoire qui a donné lieu à une série de conquêtes démocratiques et sociales (augmentation des salaires et section syndicale d’entreprise).



Ces quelques critiques sur l’interprétation des évènements n’enlèvent rien à ce que l’ouvrage nous fait découvrir du monde des ouvriers. Elles plaident plutôt pour une approche plus large et globale de cet univers social. Et l’on comprend bien pourquoi Xavier Vigna a d’abord voulu mettre en avant le degré d’insubordination du monde des ouvriers, non seulement au moment des grèves de mai-juin, mais encore pendant toute la période qui a suivi. C’est ce qui distingue selon lui la catégorie ouvrière des autres couches du salariat : les employés, agents techniques et autres catégories furent certes mobilisés pendant les grèves de mai-juin, mais ce fut bien moins le cas dans les années qui suivirent. C’est pourquoi la mobilisation des « cols bleus » requiert selon lui une attention spécifique. Vigna montre ainsi qu’une partie importante des ouvriers avait commencé à se révolter contre le système de travail et contre l’arbitraire et l’autoritarisme patronal, il met en lumière le fait que les femmes et les travailleurs immigrés avaient déjà pris leur part dans ces mobilisations (souvent localisées) et il explique la manière dont le répertoire d’action s’est élargi, avec des interventions telles que les grèves bouchons2 ou les séquestrations.



La deuxième partie de l’ouvrage est centrée sur « la politique ouvrière ». Il faut la comprendre d’une manière bien précise. Pour Vigna, le terme « politique » ne doit pas prêter à ambiguïté : «Nous ne prétendons pas que les ouvriers de France partagent tous les mêmes principes politiques, ni qu’ils nourrissent des convictions identiques. On entend cependant montrer que des luttes ouvrières permettent de saisir un certain nombre de thèses et d’analyses politiques (…) les ouvriers ne se contentent pas de reprendre un propos formulé ailleurs et au-dessus d’eux, mais bricolent et agencent une pratique politique à partir d’un certain nombre de convictions et de principes» (p.185). La notion de «politique ouvrière» possède ainsi, pour Xavier Vigna, une valeur à la fois heuristique et explicative, ce qui le situe à proximité du courant d’idées post maoïste porté par Sylvain Lazarus et Alain Badiou. Cette notion de politique renvoie à la parole concrète des ouvriers d’usine, celle qui fait exister un « nous » par l’énonciation disruptive de ce qui est refusé ou contesté au niveau de leurs conditions de travail et, de manière plus générale, au niveau de la place qui leur est attribuée dans la société. Cette notion de politique opère ensuite au travers du «répertoire d’actions» spécifique – notion reprise du socio-historien Charles Tilly qui entend faire apparaître la nature stratégique des pratiques sociales – que sont les occupations, les grèves bouchons, les séquestrations.



La politique ouvrière embrasse dès lors l’ensemble des thèmes des mobilisations de la période 1968-1979. Il y a tout d’abord l’emploi, qui devient une question à part entière et qui réoriente en partie les luttes, sans toutefois immédiatement les réduire à un combat défensif. L’exemple de Lip l’illustre bien, puisque l’issue discutée de l’occupation de l’usine a oscillé tantôt vers la recherche d’un repreneur, tantôt vers la mise en place d’une production autogérée. Les conditions de travail forment la deuxième dimension autour de laquelle se constitue la politique ouvrière : pénibilités, accidents de travail et augmentation des cadences s’attaquent au corps et à l’esprit des ouvriers et suscitent nécessairement des réactions d’auto-défense dans lesquelles se mélangent la peur, la colère et l’indignation. Sans les luttes relatives aux conditions de travail, ni l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail ni les CHS-CT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) n’auraient vu le jour.



Grèves et actions sont pour l’auteur l’occasion de montrer que le travail est aussi bien ressource symbolique que source de revenu. En plus de critiquer la parcellisation et les effets discriminatoires des grilles de classification, la politique ouvrière va défendre le travail contre l’entreprise. En témoigne cette anecdote sur la grève à la Snecma, lors de laquelle les salariés interrompent leur travail parce qu’atteindre le quota nécessaire pour obtenir le « boni » (la prime de rendement) leur impose de réaliser un travail de médiocre qualité. D’autres catégories moins qualifiées, telles que les OS, semblent concernées par le souhait de pouvoir grimper sur la grille de classification (autrement dit, de pouvoir passer P1) afin d’obtenir un salaire plus élevé et une plus grande reconnaissance de leur travail. A juste titre, Vigna souligne l’ambivalence de ce rapport au travail : au début des années 1970, l’ordre usinier souffre d’un absentéisme croissant et nombreuses sont les conduites de type «exit» (pour employer la notion de Albert Hirschmann). Mais cette ambivalence ne fait pas l’objet d’une réflexion spécifique, et Vigna reconduit simplement une analyse de l’action ouvrière comme défense de la valeur du travail contre l’exploitation capitaliste. Or, le travail n’est pas seulement une source de revenus ou une ressource symbolique, il est aussi une réalité oppressante, et Marx l’avait en ce sens identifié à l’aliénation, avant de le penser comme «subsomption». Face à cette réalité, l’action ouvrière a toujours oscillé entre un rejet du despotisme de fabrique au nom de la valeur travail et un rejet du travail salarié dans sa concrétude. Mais ce dernier aspect est souvent négligé, tant il est vrai que, au nom d’une fierté ouvrière, le mouvement ouvrier a au mieux toléré et au pire combattu les actions «déviantes» comme le sabotage, le freinage ou la perruque. Or, les «faits sont têtus» et ceux des années 1966-1974 le sont particulièrement, car cette période se singularise justement par une situation du marché de l’emploi autorisant la conjugaison des conduites de « voice » et de « exit », c’est-à-dire la combinatoire de la protestation et du refus du travail réellement existant. Rappelons que dans certaines usines de l’automobile, le turn-over de 35 à 50 % coïncidait avec une activité gréviste et revendicative, et que les grèves pouvaient exprimer un simple refus de travailler comme une auto-diminution du temps de travail (comme ce fut le cas à la Saviem dans la période 1970-19733). Lorsque Vigna affirme que l’action est fondée par une légitimité de travailler bien et normalement, il passe à côté des nombreux éléments qui ont rendu si populaires les mots d’ordre « travailler moins et autrement » ou « ne pas perdre sa vie à la gagner », slogans traduisant une critique du travail abstrait nourrie par une volonté d’émancipation. En fin de compte, la « politique ouvrière », si tant est que l’on puisse la nommer et l’identifier comme telle, était bien plus radicale que ne le pense Xavier Vigna.



La notion de politique ouvrière semble servir un autre dessein, tel que celui de distinguer une réalité pour ensuite l’opposer aux orientations syndicales prises indifféremment. C’est pourquoi elle pose sans doute plus de problèmes qu’elle n’en résout, car en situant la politique ouvrière dans la parole ouvrière et le répertoire d’actions, Vigna la dissocie également des autres dimensions de la politique, celles qui concernent le régime politique et l’État, le patronat, les partis et, in fine, les syndicats. Les syndicats ne sont pas des corps extérieurs au monde ouvrier – même si certaines orientations idéologiques tendent à les différencier de leur milieu environnant – mais reflètent de manière déformée les aspirations des catégories qui les composent. Ils entretiennent avec celles-ci un rapport qui n’est pas seulement instrumental. Ainsi, sur le plan du salaire, la CGT avait plutôt tendance à se cantonner à des augmentations en pourcentage reconduisant l’éventail des salaires et maintenant de ce fait le statut des ouvriers professionnels constituant l’ossature de sa base militante. La CFDT quant à elle, avait tendance à défendre des augmentations uniformes, afin de réduire les écarts entre les différents niveaux de qualification et d’améliorer la situation des OS, groupe cible de son action4. Surtout présentes dans les industries de grande série, comme l’automobile, ces grilles de classification sont devenues, dès le début des années 1970, l’objet d’âpres conflits sociaux où les tensions entre OS et OP s’exprimaient ouvertement et se répercutaient au niveau des relations entre la CGT et la CFDT5.



Pour Xavier Vigna «les productions politiques» de la «contestation ouvrière telle qu’elle se déploie pendant les années 68 » (p. 185) mettent en évidence les logiques sous-jacentes de l’insubordination. Ces actions articulaient un éthos de classe autour d’oppositions sociales (que symbolisent le « eux » et le « nous » chers à Richard Hoggart6), voire de typifications sociales qui délimitaient symboliquement le monde ouvrier en plusieurs fractions «communautaires » (les « chefs », les « étudiants gauchistes », les «jaunes», les « forces de l’ordre », etc.). Vigna souligne avec conviction que la « production politique ouvrière » n’est pas réductible aux discours tenus par les militants – qu’ils soient « staliniens » de la CGT ou des militants d’organisations d’extrême gauche – ni à ceux portés par les structures, mais reflète d’abord l’existence d’une « véritable » culture ouvrière.



Pour Xavier Vigna, cette production politique atteint au cours de la décennie 1968-1979 une telle densité qu’il est justifié de parler d’une «charte ouvrière » composée d’une sorte d’éthique et de principes politiques collectifs. Cette charte représente une réalité informelle, structurée par le mouvement réel de l’insubordination et charpentée, selon Vigna, par trois principes structurants : travailler bien et normalement, aspirer à l’égalitarisme et s’autonomiser vis-à-vis de la politique. L’action ouvrière revendiquerait sa légitimité au nom de cette volonté de « bien travailler», à la différence des patrons, qualifiés de fainéants et de profiteurs. Ceci met en relief le projet d’une souveraineté ouvrière anti-despotique comme nouveau pouvoir social constituant. Le « nous » renvoie alors à un collectif qui se réapproprie le monde et les conditions de production et de vie. Pour Vigna, le caractère subversif d’une telle orientation ne fait pas de doute – quand bien même elle s’avérerait limitée par le basisme, le localisme et un certain penchant pour l’anti-politisme.



Ceci appelle de ma part deux observations. La première renvoie à ce qui relève à mon avis d’une lacune importante; la seconde émet un doute sur la pertinence de la notion de charte ouvrière.



Prenons d’abord ce qui, à mon avis, a été omis par l’auteur. La notion de contrôle ouvrier est une question éminemment politique qui fut à cette époque intensément débattue dans les milieux syndicaux. Certes, rares sont ceux qui l’évoquent encore aujourd’hui, tant il est vrai que la période dont nous parlons est spontanément identifiée à celle de l’idéologie autogestionnaire. Il en était autrement durant les années 1967-1976. Il suffit pour s’en rendre compte de regarder le documentaire Lip et l’imagination au pouvoirde Christian Rouaud, dans lequel la notion de contrôle ouvrier est évoquée à plusieurs reprises, alors que celle de l’autogestion ne l’est pas. Qu’est-ce que le contrôle ouvrier ? Pour certains, il s’agissait d’une doctrine syndicale ; pour d’autres, d’un mode d’action et d’un mot d’ordre transitoire jetant un pont entre revendications immédiates et action pour une transformation sociale révolutionnaire. Mais en tout état de cause, le contrôle ouvrier est une « vieille lune » du mouvement ouvrier, puisqu’il avait déjà été évoqué en Russie (1905), en Italie (1918-1919), en Allemagne (1918-1923) et en Angleterre (1926). Il fut « théorisé » pour la première fois par Lénine qui voyait dans l’action en faveur de l’ouverture des livres de compte des entreprises un coin enfoncé dans le droit de propriété privé. Plus tard, la notion de contrôle ouvrier fut reprise par des courants marxistes, libertaires et conseillistes, qui l’identifiaient aux actions prenant pour cible les rapports d’autorité et de propriété, non pas de manière abstraite mais de manière concrète, comme expression de la volonté de maîtriser les conditions de vie et de travail. Ainsi, exercer un contrôle sur les cadences, un droit de veto dans les décisions affectant l’emploi, un droit de regard sur la comptabilité (qui lève le tabou de la gestion comme le disait si bien Jean Lojkine) représentent une sorte d’insubordination en acte qui porte le conflit au-delà de la lutte pour l’appropriation de la survaleur (c’est-à-dire la vente collective de la force de travail). Dans le camp managérial, peu s’y sont trompés puisque à la stratégie de contrôle ouvrier, bon nombre d’experts ont tenté d’opposer la « négociation décisionnelle », la «cogestion», ou encore la « négociation participative », dont le trait commun est d’enfermer l’action ouvrière dans un carcan néo-corporatiste (au sens où ouvriers et patrons auraient des intérêts convergents). Pour le juriste travailliste Gérard Lyon-Caen, le contrôle ouvrier n’était ni une doctrine ni un droit qu’une loi ou une convention reconnaîtrait aux salariés, mais, en premier lieu, l’action des travailleurs dans sa dynamique historique même (p. 267)7. Le silence de Vigna est regrettable, y compris du point de vue de l’auteur, puisque le contrôle ouvrier représente justement la pratique de lutte qui émerge toujours de nouveau spontanément dans certaines configurations, comme on peut le vérifier aujourd’hui en Amérique Latine. Certes, en tant qu’orientation stratégique, le contrôle ouvrier est surtout défendu par certains courants de pensée politiques dont le maoïsme ne fait pas partie. Mais peut-on réellement dissocier l’étude des luttes sociales des débats d’orientations programmatique et stratégique ? J’y reviendrai.



La notion de charte ouvrière fait référence au chartisme qui a présidé à la naissance du mouvement ouvrier politique britannique. Pour Xavier Vigna, la politique ouvrière aurait été nourrie par une sorte d’économie morale de la conscience ouvrière – à l’instar de celle que décrit Edward P. Thompson8 – qui sous-tendrait l’insubordination. Ce point de vue appelle, pour ma part, plusieurs réserves. En effet, comment peut-on parler d’une charte en dehors des formes organisées, voire institutionnalisées, des combats sociaux ? Existerait-elle grâce à l’« économie morale » du monde ouvrier ? Si c’est le cas, il faut alors traiter plus profondément de l’hétérogénéité des représentations et des pratiques. Ainsi, le rapport au travail des ouvriers a toujours oscillé entre réappropriation et rejet, sans que cela recoupe forcément les divisions sur le plan de la qualification ou des visions politiques. Les OS aspiraient à la reconnaissance de leur travail et des peines endurées, tout en souhaitant pouvoir évoluer professionnellement. Même si le syndicalisme cégétiste développait un éthos du travail ouvrier, il serait erroné de considérer le rapport expressif au travail comme l’apanage exclusif des ouvriers qualifiés (des professionnels). Aujourd’hui, on peut retrouver la même ambivalence à l’égard du travail parmi les couches techniciennes, ou même chez les cadres. Cela invite à penser l’insubordination comme un mode d’être et d’agir né et se nourrissant de la relation salariale, au lieu d’y voir une sorte d’essence de la condition ouvrière. D’autant que le monde ouvrier, y compris celui qui se révoltait, n’était pas forcément égalitariste : des sentiments élitistes ou racistes pouvaient circuler en son sein, et l’identification à la profession pouvait conduire à la mise à distance de catégories socio-professionnelles ou sociales voisines (les OS, les femmes, les « sans compétence »). Il me semble donc difficile de postuler l’existence d’une charte ouvrière à partir de la seule économie morale du monde des ouvriers. Il me semble en second lieu hasardeux d’établir son existence en dehors des univers sémantiques et langagiers qui sont co-produits par les organisations syndicales ou politiques. Ces organisations sont composées de militants qui ne sont pas tous, loin s’en faut, porteurs de discours institutionnels, c’est à dire qui ne diffusent pas tous, en vertu d’une ligne politique, une parole venue d’«en haut». En tant que parties intégrantes des conflits, liés à leurs collègues d’atelier ou d’usine, les militants sont autant des passeurs que des traducteurs. Une des difficultés majeures pour l’historien comme pour le sociologue est de dénouer les fils qui constituent un groupe social usiné par l’environnement productif (pour parler comme P.Bourdieu) mais participant en même temps à sa propre structuration (ce qui demeure impensé par ce même auteur) par le biais de l’action collective et des discours politico-idéologiques. Sans cette articulation entre l’en-soi et le pour-soi, on est vite tenté de rechercher une sorte de frontière invisible entre ce qui relève de la fausse conscience, des «traîtres» ou des usurpateurs, et ce qui relève de «l’authenticité» ouvrière. Cela risque alors de laisser de côté les raisons qui font que bon nombre d’ouvriers restent passifs, conservateurs ou rétifs à toute «aventure radicale».



La troisième et dernière partie de l’ouvrage aborde le champ des organisations : action syndicale dans les entreprises – essentiellement la CGT et la CFDT –, action des courants révolutionnaires, action de l’État, enfin, et répliques patronales à l’insubordination ouvrière. Cette partie est sans doute la moins bien documentée et surtout la plus contestable dans ses interprétations. Nous avons droit à une sorte de présentation sérielle des structures et organisations, tant sur le plan syndical que politique, comme si aucune d’entre elles n’était traversée par des tensions ou agitée par des débats sur ses orientations stratégiques. Cela n’est pas très dommageable lorsqu’il s’agit des organisations révolutionnaires (trotskistes et maoïstes) dont l’audience en milieu ouvrier était très restreinte (ce qui est en partie lié à la double répression, patronale et « stalinienne »). En revanche, sur le plan des confédérations syndicales, on ne peut s’en tenir à une analyse qui ne fait que mentionner la répartition des rôles entre une CGT cantonnée à la défense quotidienne des ouvriers et un PCF se revendiquant « parti de la classe ouvrière ». Certes, ces organisations se retrouvaient dans une commune dénonciation des « gauchistes », mais elles étaient traversées par des logiques et des dynamiques différentes. Après la rupture du Programme commun en 1978 (à l’instigation du PCF qui sentait le PS gagner en audience), par exemple, la CGT perdit 15 à 20 % de ses effectifs. Vigna tend à mettre la CGT et la CFDT sur un même plan, pour ensuite interpréter leur action comme orientée vers une «étatisation des luttes», c’est-à-dire portée par la volonté de maintenir l’action ouvrière dans les cadres institutionnels, volonté se traduisant notamment par l’accent mis sur les revendications nationales (ou de branche) en lien avec l’objectif d’un gouvernement de l’Union de la gauche. Sur le plan local, cela se serait traduit pour la CGT par une tendance à privilégier les revendications des ouvriers professionnels (sa base traditionnelle). Pour ce qui est de la CFDT, l’auteur montre la manière dont elle s’est ouverte aux nouvelles thématiques (telles que l’autogestion et la critique de l’organisation du travail) en même temps qu’elle s’est modérée dans certaines de ses analyses sur la situation économique. Finalement, les deux confédérations se conduisent de manière analogue à l’égard de l’insubordination ouvrière : «les deux grandes centrales ouvrières s’avèrent incapables de proposer une stratégie de résistance ouvrière face à la crise, sinon en transférant systématiquement les attentes vers l’État[…].Faisant de la conquête du pouvoir par la gauche la seule alternative, elle a contribué à augmenter le désarroi et l’impuissance des travailleurs lors du tournant[de la rigueur]dans la politique économique des années 1982-1983» (p. 267).



On ne saurait reprocher à l’auteur de rester silencieux sur ce qu’aurait dû être une stratégie qui n’étatise pas les luttes. Toujours est-il qu’il fait l’impasse sur les quelques tentatives qui auraient peut-être existé ici et là, de manière fragmentaire : on ne peut alors que rester dubitatif devant la critique de « l’étatisation ». L’alternative à l’étatisation aurait-elle dû être inventée de toutes pièces alors même que l’auteur construit une grande part de son analyse sur l’importance de la spontanéité de l’action ? Si l’insubordination était effectivement spontanée, pourquoi n’est-elle pas allée plus loin ? L’action néfaste du PCF suffit-elle comme explication ? Ne faut-il pas également établir un bilan historique de l’extrême gauche et de son incapacité à peser sur le cours des évènements ? Il faudrait peut-être également se poser la question de savoir si une meilleure compréhension des dynamiques internes au mouvement syndical, ainsi qu’une appréciation plus nuancée des orientations stratégiques en présence ne justifieraient pas que l’on prolonge la « séquence 68 » jusqu’après la victoire de Mitterrand. Car si l’insubordination ouvrière « se termine » en 1979, elle appartient en même temps à une période politique qui conduit l’union de la gauche au pouvoir, treize ans après 1968. On ne pourra nier que la défaite dans la sidérurgie constitue un tournant ; mais si la combativité ouvrière tend à s’éroder dès 1977, c’est aussi parce qu’il semble de plus en plus difficile de faire aboutir les revendications par la seule voie de l’action syndicale et que la perspective d’obtenir « gain de cause» par une victoire électorale semble l’unique issue9. Si l’insubordination ouvrière se termine en 1979, qu’en est-il de la révolte des immigrés OS de Citroën, Chausson et Talbot en 1982-1983 ? Que cette catégorie se révolte avec un tel « retard » sur les autres s’explique entre autres par le changement de régime politique en 1981. On peut estimer que la voie électorale était une impasse, comme on peut penser le bilan de la gauche au pouvoir désastreux, mais on ne peut pour autant oublier que, pour des millions de travailleurs, il fallait peut-être que cette expérience soit vécue avant d’être rejetée. L’« étatisation » avait donc une raison d’être aux yeux de bon nombre d’ouvriers.



L’Insubordination ouvrière est un livre riche qui suscite la discussion : les désaccords exprimés ici en témoignent. Pour l’originalité de son approche, l’étendue des informations recueillies et la mise en relief de réalités trop souvent négligées, nul doute que cet ouvrage mérite une lecture attentive. La reconnaissance de l’existence d’une insubordination des dominés pour une durée supérieure à une dizaine d’années est une des clefs pour la compréhension de la période actuelle, ne serait-ce que parce que cela met en évidence le fait que la domination managériale n’a jamais été ni permanente, ni absolue. Mais cette leçon d’histoire aurait gagné à effectuer une plus ample explicitation des racines sociales decette insubordination. Son « ouvrierisation » par l’auteur risque de contribuer à entretenir une vision nostalgique des évènements nous rendant aveugles aux signes des résistances à la subordination et au travail salarié que l’on peut lire, pourtant, dans le monde contemporain. Or, à quoi sert la connaissance historique si ce n’est à une meilleure compréhension du temps présent ?

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1 - Hervé Hamon et Patrick Rotman, Génération 1. Les années de rêve, Le Seuil, Paris, 1987 ; Génération 2. Les années de poudre, Le Seuil, Paris, 1988.



2 - Une grève bouchon ou thrombose s’attaque à un point crucial d’une chaîne de production, d’un service ou d’un atelier, entraînant la paralysie de l’ensemble de la structure.



3 - Voir Stephen Bouquin, La valse des écrous, Travail, capital et action collective dans l’industrie automobile, 1968-2004, Syllepse, Paris, 2006.



4 - La question du mode d’augmentation des salaires est alors fortement dépendante de la classification en grilles « Parodi », du nom de l’ancien ministre du Travail à la Libération, dont l’objectif était en 1945 de développer une plus grande stabilité au sein et entre les entreprises en matière de hiérarchie des salaires. La classification Parodi consiste à positionner chaque poste dans une grille de classification prédéterminée en comparant son profil aux caractéristiques de quelques postes-repères. Rappelons en outre que le travail de grande série ne s’est développé qu’au cours des années 60 et qu’il a donné lieu à une profonde segmentation professionnelle : d’un côté les ouvriers spécialisés (non ou semi-qualifiés) et de l’autre les ouvriers professionnels (régleurs, mécaniciens, ajusteurs, etc.). Chaque poste de travail était répertorié et qualifiait celui qui l’occupait. Le recrutement orientait d’emblée les personnes sur certains postes associés à un coefficient auquel correspondait un taux de rémunération. La maîtrise déterminait en grande mesure l’évolution professionnelle d’un palier à l’autre au sein d’un même coefficient. Pour passer d’un coefficient à un autre, il fallait monter de plusieurs paliers, puis réussir un certain nombre de tests.



5 - Les OS, jeunes d’origine rurale ou travailleurs immigrés , revendiquaient la possibilité de pouvoir passer « professionnel de premier niveau » (P1), c’est-à-dire de sortir de leur condition d’OS. Or, l’entrée d’anciens OS au sein de la catégorie des Professionnels engendrait chez ces derniers un sentiment de dévalorisation. Sachant que les classifications coïncidaient souvent avec des clivages ethniques – les OS sont immigrés africains ou maghrébins, les OP sont blancs et français –, rares ont été les cas où les mobilisations ont su unifier les collectifs de travail autour d’un même statut. La CFDT de l’époque était fortement imprégnée par une pensée critique de la division du travail et du taylorisme. Sa participation ou son engagement aux côtés des OS rejoignait ainsi sa revendication de reconnaissance des savoir-faire et de transformation de l’organisation du travail, en faveur du développement de la polyvalence et de la rotation des postes. Confronté à de nombreuses luttes locales, le patronat a rendu accessible le niveau P1 aux OS, mais sans transformer l’organisation du travail, préférant se limiter à quelques expérimentations. En effet, le patronat trouvait préférable de résoudre « à reculons » la crise du taylorisme, en recrutant des travailleurs immigrés afin de pourvoir les postes que les travailleurs français refusaient.



6 - Voir le chapitre 3 du livre de Richard Hoggart, The Uses of literacy, publié en français sous le titre (étonnant) de Culture du pauvre et qui traite de la quotidienneté du monde ouvrier et populaire britannique des années 1950, dans et hors du travail.



7 - A cette définition correcte, il s’empressait d’opposer une perspective qui l’est beaucoup moins, à savoir le fait qu’il fallait favoriser une « participation par le contrôle », façon de dire que la cogestion et le contrôle ouvrier seraient compatibles dans leur logique et leur effets. Aujourd’hui, avec une exacerbation de la concurrence intercapitaliste, au sein d’un secteur d’activité comme entre pays, il est facile de voir que cela ne l’est pas. Voir G. Lyon-Caen, «La participation par le contrôle», in G. Spitaels, Les Conflits sociaux en Europe, Paris, Marabout, 1971, p. 262-273.



8 - Edward P. Thompson, « The Moral Economy of the English Crowd in the Eighteenth Century », Past and Present, n° 51, mai 1971, p. 76-136.



9 - Jacques Kergoat, « Crise économique et combativité ouvrière », in Critique de l’économie politique, janvier-mars 1980, n°10, pp. 94-121.




A lire également dans ce numéro, à propos de l'ouvrage de Xavier Vigna, L’insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines, « L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68 » par Nicolas Hatzfeld.


Stephen Bouquin
Stephen Bouquin est sociologue, historien, maître de conférences à l'Université de Picardie; directeur de la revue semestrielle Les Mondes du Travail, chercheur au laboratoire CNRS G. Friedmann (Paris I). Il est notamment l'auteur de La Valse des écrous. Travail, capital et action collective dans l'industrie automobile (1968-2004) (éditions Syllepse, 2006, 320p.)
Pour citer cet article : Stephen Bouquin, «  La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 16/07/2008, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=250
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Rili, Numéro 6, juillet-aout 2008

Numéro 6

juillet-aout 2008


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Iconographie (légende)

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Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

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Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux
Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine
Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie
Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

L’anthropologie sauvage

Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

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André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

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Marcel Gauchet, L’Avènement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche »

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de
Marcel Gauchet,


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Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

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Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

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Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

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Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos de
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Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

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Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

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Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

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Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

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Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

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Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

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Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

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Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

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Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

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Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

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Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

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Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro