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La philosophie à l'épreuve de la sociologie

A propos de Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe. Pour une sociologie de la philosophie dans la France contemporaine

par Charlotte Nordmann

à propos de

Louis Pinto

La vocation et le métier de philosophe

Pour une sociologie de la philosophie dans la France contemporaine

Avec une évidente intention iconoclaste, aux accents parfois pamphlétaires, Louis Pinto cherche dansLa Vocation et le métier de philosopheà mettre au jour les déterminations sociales du discours philosophique, dont la dénégation serait au principe de la pratique courante des philosophes. Passée au crible du sociologue, à quoi ressemble la philosophie en France aujourd’hui ?





Saisir ce que la philosophie doit à son statut de discipline scolaire et universitaire, conquis contre les prétentions d’autres disciplines, rendre compte de la façon dont ce problème s’est perpétué et transformé, c’est là précisément ce que s’efforce de faire La Vocation et le métier de philosophe – Pour une sociologie de la philosophie dans la France contemporaine.



Son ouverture retrace la façon dont s’est historiquement imposée, en France, la définition de la philosophie comme démarche de pensée « autonome » et « souveraine ». Le champ philosophique se serait constitué à partir de l’accord trouvé entre deux courants divergents, l’un plus « rationaliste », l’autre plus « métaphysicien », sur des principes néo-kantiens, consacrant la domination du spiritualisme et la mise à l’écart du positivisme en philosophie .



La dissertation et le style philosophique français



La première partie de l’ouvrage s’attache, à partir de cette rapide mise en perspective historique, sur laquelle la deuxième partie reviendra, à dégager la façon dont est produit et reproduit le mode de pensée philosophique français, à travers l’étude des principes à l’oeuvre dans la pratique qui en est la matrice : la dissertation.



L’étude systématique des présupposés et des réquisits implicites de sujets de dissertation du baccalauréat suffit à en opérer une critique corrosive : apprendre l’art de disserter, c’est avant tout apprendre à reconnaître le haut et le bas, le précieux et le vulgaire, en marquant ses distances avec les évidences et les oppositions communes ; il s’agit de marquer les limites de la rationalité scientifique et technique, et ce grâce à un usage systématique de la rhétorique, voire du jeu de mots, qui sacrifie la rigueur au brillant. À comparer « bonnes » et « mauvaises » copies, on s’aperçoit que ce qui les distingue est moins la rigueur ou la richesse logiques et argumentatives que la mise en oeuvre de ces principes – et le degré de « mise en forme » et d’euphémisation auxquels ils sont soumis. « Une dissertation est donc moins une opération cognitive que le récit d’une libération spirituelle à l’égard des illusions premières  » – ou plutôt la mise en scène d’une telle libération, puisque les illusions en question ne sont en fait jamais celles que l’on a soi-même entretenues, mais celles qu’on prête à d’autres, à ceux qu’on suppose ne pas être éclairés par la philosophie.



À l’issue de cette analyse, l’esprit philosophique, tel qu’il s’incarne dans la pratique de la dissertation, apparaît d’abord comme un sens des hiérarchies et des classements, comme ce goût indéfinissable qui permet de distinguer le supérieur de l’inférieur. La dissertation enferme « une morale de la connaissance ou, si l’on veut, un rapport à la culture et au monde social  » déterminé socialement.



Là où l’on prétend rendre la pensée maîtresse d’elle-même et faire accéder l’esprit à la rationalité, on trouve en fait des schèmes pratiques qui « pensent » tout seuls, et qui ont pour principal objet d’établir les hiérarchies qui conviennent.



Ce mode de pensée convenait tout particulièrement à une discipline qui s’est définie institutionnellement comme un territoire aux frontières indécises, convoité par des puissances ennemies, ayant à défendre sa position éminente contre des adversaires menaçants. Forcée de conquérir sa place aux côtés, voire en surplomb, de la science, et de repousser sans cesse les assauts de l’« opinion » et des sciences humaines et sociales, la philosophie ne serait parvenue à dégager son espace propre qu’en plaçant la discussion sur le terrain des « fins » et du « sens ». Dans la dissertation, dont, à en croire Pinto, on retrouve les principes à l’oeuvre dans l’essentiel de la production philosophique, le discours philosophique « s’élève au-dessus des détails de l’« analyse » pour en tirer la leçon qui ramène à l’« essentiel », l’« homme », la « philosophie », la « vérité », la « cité » . » D’un même mouvement, il s’assure une place éminente, et légitime son dédain pour les « faits ».



Cette tendance structurelle de la philosophie à revendiquer un discours anhistorique, qui traiterait des essences plutôt que de l’accidentel, joue un rôle essentiel dans la sclérose de l’enseignement philosophique dans le secondaire, où toute tentative de réforme est tendanciellement perçue comme une mise en danger de l’autonomie du philosophe (du professeur de philosophie) et du sens de sa pratique.



Une économie d’autosubsistance intellectuelle



C’est ce qui ressort de l’analyse des violentes réactions à la réforme Renaut , qui entendait préciser le contenu du programme de philosophie de la classe de terminale, l’ancrer dans des problèmes contemporains ou dans des questions classiques au croisement de la philosophie et du droit ou des sciences, et enfin mettre l’accent sur la dimension argumentative du discours philosophique. Jugée scandaleuse, cette réforme a été repoussée par une large partie de la confrérie des professeurs de philosophie, qui y voyait un attentat contre, tout à la fois, la liberté du professeur et le statut singulier du discours philosophique, radicalement distinct d’une simple argumentation. Pour beaucoup, c’était semble-t-il, au-delà de la réforme en question, le principe même d’une réforme de l’enseignement, d’une définition plus précise de son contenu, d’une réflexion sur les conditions actuelles de sa transmission, qui, selon Louis Pinto, était inacceptable.



La philosophie semble ainsi s’être construite comme une « économie d’autosubsistance intellectuelle », où il est au moins une chose qui vient apaiser l’éternelle inquiétude du philosophe : « l’assurance de pouvoir maîtriser le domaine du pensable grâce aux instruments offerts par la tradition savante  » – sans qu’aucun apport extérieur n’ait à être envisagé.



Ce socle commun relativement invariable dégagé, Louis Pinto entend esquisser une topographie de la philosophie contemporaine, qui retrace l’évolution du champ depuis les années 1970-1980.



Il définit pour commencer les coordonnées générales du champ, qui s’organise selon lui suivant deux axes principaux : d’une part, l’opposition entre discours savant et discours profane – le premier destiné aux érudits, le second plus largement ouvert, soit aux élèves de lycée, soit aux lecteurs de la presse et des publications plus grand public – ; d’autre part, l’opposition entre le pôle scolaire et le pôle « intellectuel », entre des pratiques de « reproduction » et d’autres qui se revendiquent de la création. Une autre ligne de partage est cependant mise au jour : tandis que les uns ancreraient leur réflexion dans une culture scientifique, les autres s’appuieraient sur une culture « humaniste », et revendiqueraient pour leur discours un statut « littéraire ». Cette dualité n’a pas le même statut que les précédentes ; en effet, elle constitue un véritable « clivage » qui distingue deux « éthiques » opposées : « Aux généralistes qui visent à atteindre la « profondeur » et l’« originalité » à l’aide de la culture humaniste et des seules ressources de la « pensée pure » offertes par la tradition lettrée, s’opposent des auteurs qui, associant leur compétence philosophique à la maîtrise de savoirs procurés par la culture scientifique, admettent, voire revendiquent, la spécialisation, l’argumentation, l’échange critique . »



La mise en place des coordonnées définissant l’espace des possibles de la philosophie française doit permettre, selon Pinto, de rendre compte de la grande diversité de positions qu’il offre, de l’académisme le plus strict à l’avant-garde la plus affranchie, de la spécialisation la plus érudite au discours le plus grand public, de la clarté analytique aux images et aux figures d’auteurs construisant une oeuvre à la frontière de la littérature. On pourra ainsi observer à loisir les multiples variétés et les nuances subtiles qui constituent l’éventail des postures rendues possibles et suggérées par la structure du champ, comme le fait Pinto dans le dernier chapitre de son ouvrage, où sont analysés douze « leçons » données dans Le Monde par douze « philosophes » au début des années 1980, sur les thèmes les plus variés, et censées refléter assez fidèlement l’état du champ à l’époque.



Les transformations du champ philosophique



Une fois établies ces coordonnées, Pinto s’efforce d’analyser les facteurs de changement du champ philosophique depuis les années 1970-1980. Le premier de ces facteurs est bien sûr – étant donné l’ancrage de la philosophie au sein de l’école – les modifications du corps des enseignants de philosophie dues aux changements du système scolaire en France, c’est-à-dire essentiellement à l’allongement de la scolarité moyenne et à ses conséquences. Pinto suggère ainsi l’existence d’un lien entre le rétablissement, à l’Université, dans les années 1980, d’une relative égalité entre le volume du corps des maîtres-assistants et celui des professeurs, et le supposé retour à l’« orthodoxie philosophique », à savoir le retour aux philosophes les plus classiques, représentés par la triade « Platon-Descartes-Kant » : la conformité aux valeurs éprouvées devient alors, pour les agents concernés, la plus sûre des stratégies. De même suggère-t-il que le fort amenuisement des chances données aux professeurs du secondaire d’accéder au supérieur conduit ces derniers à adopter l’une ou l’autre de deux stratégies opposées : soit la défense de la définition traditionnelle de la philosophie et de son enseignement, considérée comme le dernier garant de leur statut, soit le développement de stratégies alternatives visant à valoriser leur capital philosophique ou social dans d’autres domaines, dans de nouveaux champs.



Cependant, la cause déterminante des changements du champ semble être pour Pinto le rôle joué par les médias, par l’intermédiaire d’une demande accrue de « produits philosophiques », offrant des voies de développement inédites aux philosophes en mal de reconnaissance institutionnelle, ou à la recherche de nouveaux publics. Ainsi se serait constituée une autre source de « légitimation », concurrente de l’Université ; ainsi se seraient multiplié les « similis » philosophes, de plus en plus indistincts des « authentiques » .



Le dernier facteur de changement serait enfin ce qu’il appelle « la consécration des avant-gardes philosophiques » des années 1960, au cours des années 1970-1980, et qui désigne apparemment l’accession des « novateurs » des années 1960-1970 à des positions institutionnelles reconnues – bien qu’à la marge de l’Université – et à la reconnaissance publique. Dans le clivage censé opposer, au sein du champ philosophique, l’inspiration littéraire à la fondation scientifique, cette prise de pouvoir aurait assuré la supériorité de la littérature. En témoignerait le déséquilibre des forces en présence dans deux « affaires » révélatrices selon Pinto de la structure du champ philosophique depuis les années 1980 : « l’affaire Heidegger » et la polémique suscitée par l’ouvrage de Sokal et Bricmont .



Manifeste pour une philosophie modeste



Les travaux de Louis Pinto, dont ce livre propose un compendium, ainsi que ceux de ses collègues qui arpentent les mêmes terres, voudraient offrir un remède à l’idéalisme constitutif de la philosophie comme institution et aider à se déprendre, au moins partiellement, de l’« esbroufe » philosophique à la française. Ils prétendent appuyer l’épanouissement d’une philosophie modeste et rigoureuse que l’auteur appelle de ses voeux. Les analyses avancées dans La Vocation et le métier de philosophe indiquent assez cependant qu’il ne faut pas trop attendre d’elles une conversion en masse des professionnels de la philosophie à cette nouvelle éthique pratique de leur métier. Le temps n’est sans doute pas venu où l’histoire et la sociologie du champ philosophique – ou encore la rhétorique et la théorie de l’argumentation – seront des composantes essentielles de la formation des philosophes.



Il n’est à vrai dire pas sûr que ce livre, malgré sa réception généralement point trop défavorable (l’indifférence polie est une stratégie de neutralisation efficace), puisse produire les effets, même limités, qu’il aurait pu engendrer s’il s’était tenu aux principes qu’il promeut. Le lecteur ne peut en effet qu’être troublé par l’hiatus entre la relative pauvreté des enquêtes, datées, sur lesquelles s’appuie l’analyse et les conclusions générales et définitives auxquelles elle prétend aboutir, ou encore par le décalage entre l’exigence affirmée de rigueur scientifique et l’essayisme pamphlétaire de nombreux passages, essayisme qui permet des raccourcis et des amalgames peu convaincants par la mobilisation de catégories fourre-tout. De ce point de vue, l’absence dans le livre de toute discussion un tant soit peu élaborée des problèmes méthodologiques que soulève l’enquête constitue un point aveugle que la critique sociologique ne saurait accepter.



Ne retrouve-t-on pas ici la même assurance, que Pinto dénonce chez les philosophes, d’être suffisamment armé pour maîtriser tout le domaine du pensable, de disposer d’une théorie bonne à tout faire ? La seule manière de lutter contre ce travers est d’avoir, en même temps que l’ambition de dominer le champ du pensable – ce qui est peut-être la pente naturelle de « l’intellectuel » qu’est aussi Louis Pinto –, celle d’être capable de modifier ses catégories et d’en forger de nouvelles, à l’épreuve de la résistance du réel et de la critique de ses pairs. Et peut-être aussi d’avoir, au même moment, la modestie d’assumer le caractère provisoire, problématique et limité de ses analyses.





Charlotte Nordmann
Charlotte Nordmann est l'auteure de Bourdieu/Rancière. La politique entre sociologie et philosophie; de La Fabrique de l'impuissance 2. L'école, entre domination et émancipation; et a dirigé l'ouvrage Le Foulard islamique en questions.
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Pour citer cet article : Charlotte Nordmann, « La philosophie à l'épreuve de la sociologie », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 24/02/2009, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=124
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Charlotte Nordmann - La philosophie à l'épreuve de la sociologie

à propos de
Louis Pinto, La vocation et le métier de philosophe


Enzo Traverso - Allemagne nazie et Espagne inquisitoriale. Le comparatisme historique de Christiane Stallaert

à propos de
Christiane Stallaert, Ni Una Gota De Sangre Impura


Stéphane Chaudier - Proust et l'antisémitisme

à propos de
Alessandro Piperno, Proust antijuif


Artistes invités dans ce numéro

Enzo Traverso - Interpréter le fascisme

à propos de
George L. Mosse, Zeev Sternhell, Emilio Gentile,


Guillermina Seri - Terreur, réconciliation et rédemption : politiques de la mémoire en Argentine

Daniel Bensaïd - Et si on arrêtait tout ? "L'illusion sociale" de John Holloway et de Richard Day

à propos de
John Holloway, Changer le monde sans prendre le pouvoir
Richard Day, Gramsci is dead


Chantal Mouffe - Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Slavoj Zizek - La colère, le ressentiment et l’acte

à propos de
Peter Sloterdijk, Colère et Temps


Isabelle Garo - Entre démocratie sauvage et barbarie marchande

Catherine Deschamps - Réflexions sur la condition prostituée

à propos de
Lilian Mathieu, La Condition prostituée


Yves Citton - Pourquoi punir ? Utilitarisme, déterminisme et pénalité (Bentham ou Spinoza)

à propos de
Xavier Bébin, Pourquoi punir ?


Jérôme Vidal - Les formes obscures de la politique, retour sur les émeutes de novembre 2005

à propos de
Gérard Mauger, L’Émeute de novembre 2005 : une révolte protopolitique


Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

à propos de
Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

à propos de
Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale


Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

à propos de
Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de
Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

à propos de
Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de
Jack Goody, The Theft of History


Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

à propos de
Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de
Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro