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Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral

Entretien avec Elke Wagner

par Chantal Mouffe


Elke Wagner : L’ouvrageHegemony and Socialist Strategy , que vous avez coécrit avec Ernesto Laclau, a été traduit dans un grand nombre de pays, et a exercé une influence considérable sur les théories des New Social Movements [Nouveaux mouvements sociaux]. Dans ce livre, vous tentez de reformuler la théorie marxiste pour intervenir dans les discussions contemporaines sur la nature du politique. Pourriez-vous nous en dire un petit peu plus sur la genèse de cet ouvrage et sur ses principales idées ? En particulier, quel est le rôle de la notion d’hégémonie dans votre propos ?



Chantal Mouffe :
Nous poursuivions deux objectifs principaux en écrivant Hegemony and Socialist Strategy, publié par Verso en 1985. Le premier de ces objectifs était politique, et le second théorique. Du côté politique, il s’agissait de reformuler le projet socialiste afin de fournir une réponse à la crise de la pensée de gauche, à la fois dans ses versions communiste et sociale-démocrate. Pour nous, cette crise était en partie causée par l’importance grandissante prise par les nouveaux mouvements sociaux, qui avaient commencé à émerger depuis les années 1960, et dont ni le marxisme, ni la social-démocratie n’étaient capables de rendre compte de manière adéquate. De là notre objectif théorique, qui consistait à proposer une approche permettant de comprendre les spécificités de mouvements qui ne relevaient pas de la structure de classes, et ne pouvaient ainsi pas être seulement appréhendés selon les schémas classiques de l’exploitation économique. Nous étions convaincus qu’il fallait pour cela développer une théorie du politique, et nous avons tenté de bâtir une telle théorie en réunissant deux approches théoriques distinctes : la critique de l’essentialisme que l’on trouve dans la pensée post-structuraliste, chez Derrida, Lacan, Foucault (mais également chez Wittgenstein et les pragmatistes américains), et plusieurs éléments centraux du concept d’hégémonie gramscien. Cette approche théorique, qui a parfois été appelée postmarxiste, est également connue sous le nom de discourse theory [théorie du discours].




E. W. : Quels sont les principaux aspects de cette approche ?



C. M. :Dans notre approche, les deux catégories principales sont, d’un côté, le concept d’« antagonisme «, et, de l’autre, celui d’« hégémonie «. Le concept d’antagonisme est absolument central pour nous, dans la mesure où il affirme que la négativité est constitutive et qu’elle est indépassable. L’idée d’antagonisme révèle également l’existence de conflits pour lesquels aucune solution rationnelle n’existe. Cela nous amène à une compréhension du pluralisme qui se distingue de l’approche libérale. Il s’agit d’un pluralisme qui, à l’instar de ceux de Nietzsche ou de Max Weber, prend acte de l’impossibilité de réconcilier tous les points de vue. Plus tard, dans The Democratic Paradox , j’ai proposé d’appeler cette dimension indéracinable de l’antagonisme « le politique « [the political], afin de le distinguer de « la politique « [politics] qui renvoie aux différentes activités visant à organiser la coexistence humaine. Le second concept fondamental est donc celui d’hégémonie. Pour nous, ces deux concepts, antagonisme et hégémonie, sont indispensables à l’élaboration d’une théorie du politique. Ils sont liés l’un à l’autre de la manière suivante : penser le politique, avec l’idée de la présence toujours possible de l’antagonisme, nécessite de faire en quelque sorte le deuil de la possibilité de trouver un fondement ultime, et par suite de reconnaître la dimension d’indécidabilité et de contingence présente dans tout système social. Parler d’hégémonie implique que chaque ordre social n’est que l’articulation contingente de relations de pouvoir particulières et qu’il n’a ainsi pas de fondations rationnelles ultimes. La société est alors le produit d’une série de pratiques mises en oeuvre dans le but de tenter de créer un certain ordre dans un contexte contingent. Ce sont précisément ces pratiques que nous appelons pratiques hégémoniques. Les choses pourraient toujours être autrement. Tout ordre est fondé sur l’exclusion d’autres ordres possibles, il est toujours l’expression d’une configuration particulière des rapports de pouvoir. Dans ce sens, tout ordre est politique, et aucun ne pourrait exister en l’absence des relations de pouvoir qui lui donnent forme. Cet élément théorique a des implications politiques cruciales. On entend souvent dire de nos jours que la mondialisation néolibérale est le produit du destin et que l’on n’a d’autre choix que de l’accepter. Souvenez-vous du nombre de fois où Margaret Thatcher a pu déclarer : « Il n’a y pas d’alternative «. Malheureusement, un grand nombre de sociaux-démocrates ont accepté cette idée et pensent que la seule chose qu’ils peuvent faire désormais, c’est gérer cet ordre soi-disant naturel de la mondialisation d’une manière un petit peu plus humaine. Au contraire, selon notre point de vue, il est évident que tout ordre est d’abord un ordre politique, issu d’une configuration hégémonique donnée des relations de pouvoir. L’état actuel de la mondialisation, loin d’être « naturel «, est plutôt le résultat d’une hégémonie néolibérale et il est structuré par des relations de pouvoir spécifiques. Cela signifie qu’il est tout à fait possible de le remettre en cause, et que des alternatives existent bel et bien. Comme vous pouvez le voir, ce concept de configuration hégémonique est tout à fait crucial pour orienter l’action politique. Il révèle qu’il est toujours possible de changer les choses politiquement, et d’intervenir sur les relations de pouvoir afin de les transformer.




E. W. : Comment cette approche permet-elle d’envisager les alternatives aux relations de pouvoir hégémoniques actuelles ?



C. M. :Il faut d’abord remettre en cause l’idée même d’un ordre naturel, conséquence de l’action de forces objectives, que ce soit les forces de production, les lois de l’histoire ou bien le développement de l’esprit. Pour reprendre le slogan du mouvement altermondialiste, nous pouvons soutenir qu’un autre monde est possible ! En effet, selon nous, d’autres mondes sont toujours possibles, et l’on ne devrait jamais accepter l’idée que les choses ne peuvent être changées. Il existe toujours des alternatives, qui ont été évacuées par l’hégémonie dominante, mais qui peuvent être actualisées. C’est précisément cela que la théorie de l’hégémonie permet de mieux comprendre. Tout ordre hégémonique en place peut être remis en cause par des pratiques contre-hégémoniques, qui tentent de le désarticuler afin d’établir une autre forme d’hégémonie. Comme vous pouvez sûrement vous en rendre compte, une telle thèse a des implications très importantes sur la manière dont nous envisageons les politiques émancipatrices. Si la lutte politique consiste toujours en la confrontation de différentes pratiques hégémoniques et de différents projets hégémoniques, cela implique qu’à aucun moment quelqu’un ne pourra dire que la confrontation doit prendre fin parce qu’une démocratie parfaite aura été atteinte. C’est la raison pour laquelle nous reformulons le projet de la gauche dans Hegemony and Socialist Strategy en termes de « démocratie radicale et plurielle « et insistons sur le fait que ce processus est sans fin. Ce que nous appelons de nos voeux, c’est une radicalisation des institutions démocratiques existantes afin de rendre les principes de liberté et d’égalité effectifs dans un nombre de plus en plus grand de relations sociales. Notre but, comme je l’ai souligné précédemment, était de prendre en compte et d’intégrer les revendications des nouveaux mouvements sociaux. Pour nous, le défi pour la gauche était de trouver le moyen d’articuler ces nouvelles revendications portées par les mouvements féministes, antiracistes, homosexuels ou encore écologistes avec les revendications formulées en termes de classe. Dans cette perspective, un autre concept important de Hegemony et Socialist Strategy est celui de « chaîne d’équivalences «. À l’encontre de la séparation totale entre les mouvements appelée de leurs voeux par certains philosophes postmodernes, nous avons postulé qu’il était nécessaire pour la gauche d’établir une chaîne d’équivalences entre toutes ces différentes luttes, afin que, lorsque les travailleurs définissent leurs revendications, ils prennent aussi en compte les revendications des Noirs, des immigrés ou des féministes. Pour cela, il faut bien sûr que lorsque les féministes définissent leurs revendications, elles ne le fassent pas simplement en termes de genre, et qu’elles prennent aussi en compte celles des autres groupes, afin de créer une large chaîne d’équivalences entre toutes ces luttes démocratiques. Selon nous, l’objectif de la gauche devrait être de mettre en place une volonté collective de toutes les forces démocratiques afin de pousser à une radicalisation de la démocratie et d’installer une nouvelle hégémonie.



Je devrais également souligner une autre dimension importante de ce projet de démocratie radicale. Il s’agit de rompre avec l’idée que, si l’on veut progresser vers une société plus juste dans les démocraties occidentales avancées, il est nécessaire de détruire l’ordre démocratique libéral et de bâtir un nouvel ordre en repartant de zéro. Nous critiquions ici le modèle révolutionnaire léniniste traditionnel et nous affirmions que, dans le cadre d’une démocratie pluraliste moderne, des avancées démocratiques profondes pouvaient être réalisées à partir d’une critique immanente des institutions en place. De notre point de vue, le problème des sociétés démocratiques modernes n’est pas leurs principes éthico-politiques de liberté et d’égalité, mais bien plutôt le fait que ces principes ne sont pas mis en oeuvre. Ainsi, dans ces sociétés, la stratégie de la gauche devrait consister à agir pour l’application de ces principes – ce qui n’implique pas de rupture radicale, mais plutôt ce que Gramsci appelle une « guerre de position « menant à la création d’une nouvelle hégémonie.




E. W. : Comment une telle chaîne d’équivalences peut-elle être mise en place aujourd’hui ? Et quel serait en cela le rôle des syndicats et des partis politiques ?



C. M. :En ce qui concerne la possibilité de radicaliser la démocratie, la situation est malheureusement aujourd’hui bien moins favorable qu’elle ne l’était il y a trente ans, lorsque nous avons écrit le livre. La nécessité de mettre en place une chaîne d’équivalences demeure une tâche cruciale pour le projet de la gauche, mais le terrain a été transformé en profondeur par le néolibéralisme. Au début des années 1980, le sens commun social-démocrate était encore largement partagé. Nous critiquions les limites des partis sociaux-démocrates et proposions une radicalisation de la démocratie, mais personne n’imaginait alors que les progrès réalisés par la social-démocratie allaient s’avérer aussi fragiles. Depuis lors, les choses ont changé de manière drastique. À travers les politiques menées par Reagan et Thatcher, le néolibéralisme a entamé sa marche victorieuse et a remporté de nombreux succès à travers le monde. En Grande-Bretagne, le thatchérisme est parvenu à déplacer l’hégémonie de la social-démocratie pour installer une hégémonie néolibérale qui est encore en place aujourd’hui. Nous nous trouvons actuellement dans une situation où nous sommes obligés de défendre les institutions de base de l’État-providence – ces mêmes institutions dont nous critiquions par le passé les insuffisances démocratiques. Même les libertés individuelles les plus élémentaires, au fondement de l’ordre politique, ont récemment commencé à être remises en cause avec la soi-disant « guerre contre le terrorisme «. Au lieu de nous battre pour une radicalisation de la démocratie, nous en sommes réduits à lutter contre le démantèlement des institutions démocratiques fondamentales. Que faire dans cette situation ? À mon avis, il faudrait tenter de mettre en place un front commun à toutes les forces progressistes, que tous les mouvements de la société civile, organisés par exemple autour d’Attac ou du Forum social mondial, travaillent avec les partis politiques progressistes et avec les syndicats. Une vaste chaîne d’équivalences serait nécessaire afin de créer les médiations institutionnelles indispensables à la remise en cause de l’ordre hégémonique en place. Je suis inquiète, cependant, devant la résistance de nombreux mouvements sociaux qui refusent de travailler avec les institutions politiques établies. Je me suis impliquée dans de nombreux mouvements altermondialistes, et de larges pans de ces mouvements ont une attitude extrêmement négative à l’égard des organisations établies. Ces mouvements sont influencés par les idées de Hardt et Negri, qui, dans leurs livres Empire et Multitude , écrivent que les mouvements issus de la société civile doivent éviter de collaborer avec les institutions politiques. Ils perçoivent toutes ces institutions dites « molaires « (en reprenant le vocabulaire de Deleuze et Gattari) comme des « machines de capture « et affirment que le combat fondamental se situe plutôt au niveau « moléculaire « des micropolitiques. Dans cette perspective, les contradictions internes de l’Empire doivent entraîner sa chute et mener à la victoire de la multitude. En fait, ils ne font que reproduire, avec un vocabulaire différent, le déterminisme marxiste de la Seconde internationale, selon laquelle la contradiction interne aux forces de production devait, par elle-même, entraîner la chute du capitalisme et mener à la victoire du socialisme. Il n’y avait rien à faire, si ce n’est attendre la fin du capitalisme. La perspective d’Empire est similaire – adaptée bien sûr aux nouvelles conditions : c’est désormais le travail immatériel qui joue le rôle principal, et ce n’est plus le prolétariat, mais la multitude qui sert d’agent révolutionnaire. On est néanmoins en présence du même type d’approche déterministe. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils refusent l’idée qu’il est nécessaire de créer une unité politique entre les différents mouvements. Ce qui pour moi est la question politique la plus importante, ils ne la posent jamais : comment la multitude va-t-elle se muer en sujet politique ? Ils reconnaissent que les mouvements ont des objectifs différents, mais, pour eux, l’articulation de ces différences n’est pas en soi un problème. En effet, dans leur perspective, c’est précisément parce que ces luttes ne convergent pas qu’elles sont plus radicales, chacune d’entre elles portant directement ses coups au centre virtuel de l’Empire. Je pense qu’une telle approche a eu une influence négative sur certains secteurs du mouvement altermondialiste, qu’elle a incités à contourner le problème politique fondamental : comment s’organiser dans la reconnaissance de nos différences afin de mettre en place une chaîne d’équivalences entre les différentes luttes ?



E. W. : Au-delà de votre critique de l’approche de Hardt et Negri, vous avez essayé dans vos travaux récents de renforcer votre propre position à travers l’étude critique d’importantes théories du politique proposées par différents sociologues et théoriciens. Quel est le sens de cette entreprise ?



C. M. :Après avoir écrit Hegemony and Socialist Strategy, et avoir souligné les limites du marxisme pour penser le politique, je souhaitais montrer que la solution ne pourrait pas être trouvée au sein du courant libéral, qui n’a pas non plus de théorie du politique. C’est la raison pour laquelle j’ai commencé à discuter différents modèles libéraux, et en particulier celui qui était alors le plus important : le modèle mis en place dans l’oeuvre de John Rawls. Il y a pour moi deux raisons qui font que le libéralisme ne peut pas convenablement appréhender la nature du politique : d’abord, son rationalisme, et ensuite, son individualisme. Le rationalisme et la croyance en la possibilité d’une réconciliation finale grâce à la raison l’empêchent de reconnaître la possibilité, toujours présente, de l’antagonisme, et l’individualisme ne lui a pas permis de saisir le processus de création des identités politiques, qui sont toujours des identités collectives, bâties sous la forme d’une relation de type nous/eux. De plus, ce rationalisme et cet individualisme dominants dans la théorie libérale ne lui permettent pas de comprendre le rôle crucial joué en politique par ce que j’ai appelé les « passions « : la dimension affective mobilisée lors de la création des identités politiques. Prenez par exemple la question du nationalisme. Il est évident que l’on ne peut comprendre l’importance du nationalisme si l’on ne saisit pas le rôle de la mobilisation des affects et des désirs dans la formation des identités collectives. C’est bien sûr la raison pour laquelle la pensée libérale a toujours eu tant de mal à intégrer les différentes manifestations du nationalisme. Pour les libéraux, tout ce qui comporte une dimension collective est présenté comme archaïque, comme quelque chose d’irrationnel qui ne devrait plus exister dans les sociétés modernes. Avec de telles prémisses théoriques, il n’est pas étonnant que les libéraux soient aveugles à la dynamique même du politique.



E. W. : Et c’est dans ce contexte que vous avez commencé à vous intéresser aux travaux de Carl Schmitt ?



C. M. : Oui, en effet, j’ai trouvé que la critique que Schmitt adresse au libéralisme avait beaucoup de force. J’ai également été surprise de réaliser à quel point la critique du libéralisme proposée par Schmitt dans les années 1920 dans son livre La Notion de politique gardait toute sa pertinence pour comprendre les développements récents de la pensée libérale. Schmitt avance que le libéralisme est incapable de saisir le politique et que, lorsqu’il tente d’en parler, il utilise un vocabulaire emprunté soit à l’économie, soit à l’éthique. Cela correspond parfaitement aux deux principaux modèles démocratiques qui dominent actuellement la théorie politique, le modèle agrégatif, d’un côté, et le modèle délibératif, de l’autre. Le premier envisage le domaine politique principalement en termes économiques. C’est en réponse à ce modèle que Rawls et Habermas ont développé leurs modèles alternatifs de la démocratie délibérative. Néanmoins, le modèle délibératif mobilise une approche éthique ou morale pour penser la politique, et ne propose pas non plus de théorie du politique. Je veux néanmoins souligner que, même si je suis d’accord avec la critique schmittienne des limites du libéralisme, mon objectif est très différent du sien. Alors qu’il perçoit la démocratie libérale pluraliste comme un régime non viable, en défendant avec vigueur l’idée que le libéralisme nie la démocratie, et que la démocratie nie le libéralisme, un pan central de mon travail a, au contraire, consisté à proposer une vision de la démocratie pluraliste qui réintroduirait la dimension proprement politique. C’est la raison pour laquelle Schmitt constitue pour moi un véritable défi, et, comme l’indique le titre de l’un de mes articles, je pense « avec Schmitt, contre Schmitt «. Ma réponse à Schmitt est précisément le modèle agonistique de démocratie dans lequel j’opère une distinction entre agonisme et antagonisme. Je procède de la manière suivante : je commence par reconnaître avec Schmitt la dimension antagonique du politique, c’est-à-dire la permanence de conflits auxquels on ne peut apporter de solution rationnelle. La relation ami/ennemi implique une négation qui ne peut être résolue dialectiquement. Néanmoins, ce conflit antagonique peut prendre plusieurs formes. Il peut être exprimé sous la forme de ce que l’on appelle l’antagonisme proprement dit – la forme schmittienne de la relation ami/ennemi. Ici, Schmitt a évidemment raison de dire qu’un tel antagonisme ne peut être reconnu comme légitime au sein d’une société démocratique, parce qu’il mène à la destruction de l’association politique. Le conflit peut néanmoins aussi être exprimé sous une forme différente, que j’ai proposé d’appeler « agonisme «. La différence entre les deux tient au fait que dans le cas de l’agonisme, il ne s’agit pas d’une confrontation de type ami/ennemi, mais d’une confrontation entre adversaires reconnaissant la légitimité de leurs revendications respectives. Tout en sachant qu’il n’y a pas de solution rationnelle à leur conflit, – il n’existe entre adversaires, pour ainsi dire, que des consensus conflictuels– ils s’accordent sur les principes éthico-politiques organisant leur association politique tout en demeurant en désaccord sur leurs interprétations. Par le biais de cette distinction entre antagonisme proprement dit et agonisme, je peux, tout en soutenant le caractère inéluctable de l’antagonisme, envisager comment il ne doit pas nécessairement mener à la négation d’un ordre démocratique pluraliste. Je vais même plus loin, en posant non seulement que le combat agonistique est compatible avec la démocratie, mais que ce combat est précisément ce qui fait la spécificité d’un ordre démocratique pluraliste. C’est la raison pour laquelle je présente le modèle agonistique de la démocratie comme une alternative aux modèles agrégatif et délibératif. Pour moi, ce modèle a pour avantage qu’en reconnaissant le rôle des passions dans la création des identités collectives, il fournit une meilleure vision de la dynamique démocratique, une vision qui reconnaît le besoin d’offrir différentes formes d’identification collective, autour d’alternatives clairement définies.



E. W. : Selon vous, quelles sont les différences entre votre modèle et le concept de laSeconde modernité cosmopolitiqueproposé par Ulrich Beck et Anthony Giddens ?



C. M. :
Il est tout à fait clair que, dans le modèle agonistique que je défends, la politique en démocratie doit être partisane – c’est la raison pour laquelle je suis très critique vis-à-vis des travaux d’Ulrich Beck et Anthony Giddens, selon lesquels le modèle de la politique comme confrontation entre adversaires serait désormais obsolète, ce qui impliquerait de penser au-delà du clivage gauche/droite. Pour moi, une telle confrontation est au contraire constitutive de la démocratie. Il est évident qu’il ne faut pas envisager l’opposition droite/gauche comme porteuse d’une quelconque essence et que ces notions doivent être redéfinies à partir de différents contextes et différentes périodes historiques. Ce qui est réellement en jeu dans la distinction droite/gauche, c’est la reconnaissance de la division sociale et du fait que certains conflits antagoniques ne peuvent pas être résolus par le biais d’un dialogue rationnel. Je ne nierais bien sûr pas que nous ayons assisté au cours des dernières années à un brouillage des frontières entre la gauche et la droite. Néanmoins, alors que Beck et Giddens voient en cela un signe de progrès pour la démocratie, je demeure convaincue que cette évolution n’était pas nécessaire et qu’il est encore possible d’inverser le processus. Je pense qu’il est important de lui résister, parce qu’elle peut mettre en danger les institutions démocratiques. La disparition de la différence fondamentale entre les partis démocratiques de centre gauche et de centre droit a pour effet que les gens arrêtent de s’intéresser à la politique. Regardez le déclin inquiétant de la participation politique aux élections. Ce déclin s’explique par le fait que la plupart des partis sociaux-démocrates ont tellement dévié vers le centre qu’ils sont devenus incapables de proposer une alternative à l’ordre hégémonique existant. Une démocratie florissante doit offrir aux gens la possibilité de faire de vrais choix. La politique en démocratie doit être partisane. Si l’on veut que les citoyens s’investissent en politique, il est nécessaire qu’ils sentent que des alternatives réelles sont en jeu lors des élections. La désaffection actuelle vis-à-vis des partis démocratiques est très mauvaise pour la démocratie. Dans plusieurs pays, elle a conduit à la montée de partis de la droite populiste qui se présentent comme les seuls partis porteurs d’alternatives et prétendent rendre leur voix à tous ceux qui se sentent négligés par les partis de gouvernement. Souvenez-vous de ce qui s’est passé en France au premier tour des élections présidentielles de 2002, lorsque Le Pen, le leader du Front national, est arrivé second et a éliminé le candidat socialiste Lionel Jospin. Pour être honnête, j’étais choquée, mais pas surprise – durant la campagne j’avais dit à mes étudiants en plaisantant qu’il y avait à peu près autant de différence entre Chirac et Jospin qu’entre Coca Cola et Pepsi Cola. D’ailleurs, Jospin avait lui-même insisté pour dire que son programme n’était pas socialiste, en conséquence de quoi de nombreux électeurs n’ont pas pu se résoudre à voter pour lui au premier tour. D’un autre côté, de nombreux électeurs mécontents ont décidé de voter pour Le Pen qui, grâce à une efficace rhétorique démagogique, est parvenu à les mobiliser contre ce qu’ils percevaient comme des élites complètement indifférentes à leur sort. La célébration actuelle de la politique du « consensus au centre « m’inquiète donc beaucoup, parce que je suis persuadée qu’un tel Zeitgeist postpolitique fait le lit de la droite populiste.



E. W. : Vous avez attiré l’attention sur la tendance croissante à moraliser le politique en remplaçant l’opposition entre la gauche et la droite par une autre opposition, entre le bien et le mal. Pourriez-vous en dire davantage ?



C. M. : Avant de répondre à cette question, j’aimerais indiquer une autre conséquence du brouillage de l’opposition entre droite et gauche. Lorsque la démocratie cesse d’offrir aux gens la possibilité de s’identifier à des identités politiques collectives, on peut observer qu’ils ont tendance à rechercher d’autres sources d’identification collective. Cela s’est par exemple manifesté par la place de plus en plus importante prise par certaines formes d’identification religieuse, en particulier chez les immigrés musulmans. Un grand nombre d’études sociologiques a montré qu’en France le déclin du Parti communiste avait été accompagné, notamment chez les travailleurs peu qualifiés, d’un accroissement du rôle joué par les formes d’affiliation religieuse. La religion semble ainsi de nos jours remplacer les partis dans la satisfaction du besoin d’appartenir à une communauté, en fournissant un autre « nous «. Dans d’autres contextes, l’absence d’identification collective autour d’identités politiques structurées par le clivage gauche/droite peut également être comblée par des formes d’identification régionalistes ou nationalistes. Un tel phénomène n’est à mon avis pas bon pour la démocratie, parce que ces identités ne sont pas susceptibles de fournir un terrain au débat agonistique. C’est la raison pour laquelle c’est une sérieuse erreur de croire que nous avons désormais atteint un niveau de développement où l’individualisme est devenu tellement répandu que les gens ne ressentent même plus le besoin d’avoir des formes collectives d’identification. La distinction nous/eux est constitutive de la vie sociale, et la démocratie doit fournir les discours, les pratiques et les institutions qui permettront à ces formes d’identification d’être construites politiquement.
Venons-en maintenant à votre question sur la moralisation de la politique. Ce que j’ai dit, c’est que, contrairement à ce qu’un grand nombre de gens aimeraient nous faire croire, l’affaiblissement des discours construisant les identités politiques en termes de gauche et de droite n’a pas entraîné la disparition du besoin de la distinction nous/eux. Cette distinction est encore bien vivante, mais elle est de nos jours de plus en plus construite à travers un vocabulaire moral. On pourrait dire que la distinction entre gauche et droite a été remplacée par une distinction entre bien et mal. Ceci indique que le modèle de la politique en termes de confrontation est encore présent, à la différence que, de nos jours, la politique se joue sur un registre moral, et a recours à un vocabulaire basé sur les catégories de bien et de mal pour séparer « nous, les bons démocrates « de « eux, les mauvais «. On voit bien cela par exemple dans les réactions à la montée des partis de la droite populiste : la condamnation morale remplace en général un mode de lutte réellement politique. Au lieu d’essayer de comprendre les raisons de leurs succès, les « bons « partis démocrates se limitent souvent à l’invocation d’un « cordon sanitaire « destiné à empêcher le retour de ce qu’ils voient comme la « peste brune «. On trouve un autre exemple de la moralisation de la politique chez George W. Bush, lorsqu’il oppose le nous civiliséà eux, les barbares. La construction d’un antagonisme politique de cette manière correspond à ce que j’appelle la moralisation de la politique. On peut de nos jours la voir à l’oeuvre dans de nombreux domaines : l’incapacité à trouver une traduction politique aux problèmes auxquels la société est confrontée et à envisager des solutions politiques à ces problèmes fait qu’un nombre de plus en plus important de questions est formulé en termes moraux. C’est bien sûr quelque chose de néfaste pour la démocratie, car lorsque les opposants sont définis dans des termes non pas politiques, mais moraux, ils ne peuvent pas être perçus comme des adversaires, mais uniquement comme des ennemis. Avec les méchants, le débat agonistique est impossible : il faut simplement les éliminer.



E. W. : Quel est le rôle joué par les médias dans cette moralisation du politique ? La manière la plus typique pour les médias de raconter une histoire n’est-elle pas justement cette forme de moralisation des sujets abordés ? Et la plupart des luttes politiques n’ont-elles pas lieu de nos jours autour des médias et de leur contrôle, au risque de transformer les formes mêmes de la lutte politique ?



C. M. : Il est évident que les médias jouent un rôle important, dans la mesure où ils constituent l’un des terrains privilégiés de la construction de la subjectivité politique. Je crois néanmoins que c’est faire erreur que de voir en eux le principal responsable de cette évolution et de les accuser d’être à l’origine de l’incapacité de la gauche à agir politiquement. Les médias ne sont que le reflet de la société. Si un débat agonistique pouvait avoir lieu, les médias le relaieraient. Bien sûr, le fait que de nombreux médias soient contrôlés par des forces néolibérales est en soi un problème. Ces forces sont néanmoins loin d’être toutes-puissantes. Les « non « aux référendums sur la constitution européenne organisés en France et aux Pays-Bas l’ont bien montré : alors que dans les deux pays, les médias dominants avaient activement fait campagne pour le « oui «, ils n’ont pas pu imposer leur point de vue face à une vaste mobilisation populaire. La défaite de Berlusconi en Italie, malgré, là aussi, son contrôle quasi monopolistique des médias, serait un autre exemple. Au lieu de déplorer le rôle des médias, la gauche devrait donc plutôt y voir un site où porter le combat hégémonique. Avec le développement des nouveaux médias, les possibilités d’intervenir directement et de développer des stratégies agonistiques ont été démultipliées. Dans ce domaine, je suis convaincue que l’on a beaucoup à apprendre des expériences menées dans le cadre de ce que l’on appelle l’« activisme artistique «. Ainsi, aux États-Unis, dans les années 1980, de nombreux militants liés à Act Up ont participé à des campagnes de lutte contre le Sida en employant les mêmes stratégies marketing que les publicitaires, mais avec un objectif de critique sociale. Ces militants élaboraient des oeuvres visuelles afin d’alerter les mentalités sur les problèmes politiques liés au Sida – racisme, homophobie… – et de dénoncer le pouvoir des grandes industries pharmaceutiques. Cette stratégie consistait en une réappropriation subversive des formes de communication dominantes. Ainsi, à New York, le Gran Fury Collective a su utiliser l’esthétique publicitaire afin de faire passer des images et des slogans très fortement critiques. Une de leurs réalisations, l’affiche « Kissing doesn’t kill « [embrasser ne tue pas] (1989) placardée sur des bus, ressemblait à une publicité pour Benetton. Elle mettait en scène trois couples : hétéro, lesbien, et homo, composés de personnes de couleurs différentes, avec le message : « Embrasser ne tue pas, mais l’avarice et l’indifférence, si. « On peut trouver de nos jours de nombreux autres exemples de cette utilisation créative des médias dans les luttes politiques menées contre l’hégémonie néolibérale. L’un des plus intéressants est probablement celui des Yes Men avec leur stratégie de « rectification d’identité « qui consiste, en se faisant passer pour les représentants d’organisations internationales ou de multinationales, à faire ressortir les côtés sombres des politiques mises en oeuvre par ces derniers. La reconnaissance du pouvoir des médias permet également de se rendre compte des nombreuses possibilités de détournement de ce pouvoir. La gauche devrait faire preuve d’une plus grande imagination dans son rapport aux médias, afin d’en faire un terrain de confrontation agonistique.



I : Lorsque vous observez les mouvements politiques pratiques actuels, certains sont-ils une source d’inspiration pour vos travaux ? Quels sont les sujets et les mouvements qui vous semblent intéressants pour votre notion du politique ?



C. M. : LE combat le plus urgent à mener pour la gauche aujourd’hui est d’envisager une alternative au néolibéralisme. De nombreux activistes et de nombreux penseurs à travers le monde sont à l’oeuvre pour réaliser cette tâche, et dans certains endroits, comme en Amérique du Sud, de grands progrès ont déjà été faits dans cette direction. Tout en reconnaissant la dimension mondiale d’une telle lutte et la nécessité de liens et de formes de solidarité étroits, je suis cependant convaincue qu’il faut poser et traiter les problèmes différemment selon les divers contextes régionaux. Je ne cherche pas en cela à nier le fait que certains problèmes tels que le changement climatique et la protection de l’environnement ne peuvent être traités qu’à un niveau global, mais je pense néanmoins qu’il n’est pas opportun de n’insister que sur cette dimension globale, ce qui revient à nier l’existence d’une pluralité de formes de vie. Je suis ici aussi d’accord avec Schmitt pour dire que le monde est un « pluriversum « et non un « universum «. Je ne crois pas en l’existence d’une forme unique de démocratie qui fournirait la seule réponse légitime devant être acceptée par tous, de manière universelle. Il y a de nombreuses manières de mettre en oeuvre l’idée démocratique, qui dépendent du contexte. Pour nous qui vivons en Europe, le point de départ ne peut pas être le même que pour ceux qui vivent dans d’autres parties du monde. Ce n’est pas en prétendant offrir des solutions globales, mais plutôt en traitant véritablement les problèmes qui affectent nos sociétés, que nous pourrons contribuer à la lutte générale en faveur de la démocratie. En Europe, de nos jours, notre priorité devrait être de raviver la confrontation gauche/droite et de créer les conditions favorables à une démocratie agonistique. Je suis convaincue que cela ne peut être fait qu’à un niveau européen. C’est la raison pour laquelle la dimension européenne devrait être au centre de la réflexion de la gauche. Les différentes organisations européennes de gauche devraient établir des contacts étroits les unes avec les autres, afin de travailler ensemble à la création d’une Europe politique forte, susceptible de fournir une alternative aux politiques néolibérales et de proposer un autre modèle de société. Un grand nombre des problèmes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés vient du fait que nous vivons depuis la chute de l’Union soviétique dans un monde unipolaire, sous l’hégémonie incontestée des États-Unis qui tentent d’imposer partout leur modèle, et qui accusent tous ceux qui s’opposent à ce modèle d’être des « ennemis de la civilisation «. Comme je l’ai écrit dans mon livre On the Political , c’est précisément l’absence de canaux légitimes pour résister à l’hégémonie américaine qui explique la montée des formes de réactions violentes que nous observons actuellement. Contrairement à ceux qui affirment que la solution à nos problèmes réside dans la mise en place d’une démocratie cosmopolitique, qui tient à mon avis de l’illusion antipolitique, je suis convaincue qu’il est plutôt nécessaire de développer un monde multipolaire. C’est la raison pour laquelle il est tout à fait crucial que l’Europe devienne une Europe politique, un pôle régional qui pourrait réellement jouer un rôle aux côtés des autres pôles régionaux émergents comme la Chine et l’Inde. Il y a dans le monde une vraie demande pour que l’Europe agisse indépendamment des États-Unis et qu’elle joue un rôle moteur dans de nombreux domaines. Il est grand temps que la gauche cesse de ne voir en l’Europe que le Cheval de Troie du néolibéralisme et qu’elle s’attelle à l’élaboration d’un projet politique européen de gauche.




■Traduit de l’anglais par Olivier Ruchet –
Avec l’autorisation de Suhrkamp Verlag, 2007
copyright © 2007, Suhrkamp Verlag.


Chantal Mouffe
Théoricienne politique, Chantal Mouffe est née en 1943 à Charleroi, en Belgique. Elle enseigne les sciences politiques à l'université de Westminster en Angleterre. Son ouvrage le plus connu est Hegemony and Socialist Strategy, qu'elle a écrit avec Ernesto Laclau. Très actifs dans les mouvements étudiants des années 1960 et dans les nouveaux mouvements sociaux (notamment, en ce qui concerne Mouffe, la « seconde vague» féministe), ils sont généralement identifiés comme des postmarxistes. Rejetant le strict déterminisme économique de Marx et l'analyse de la société dans les seuls termes de la lutte des classes, ils défendent une démocratie radicale construite sur un pluralisme agonistique, où tous les antagonismes seront à même de s'exprimer.
Pour citer cet article : Chantal Mouffe , « Antagonisme et hégémonie. La démocratie radicale contre le consensus néolibéral », in La Revue Internationale des Livres et des Idées, 06/05/2010, url: http://www.revuedeslivres.net/articles.php?idArt=103
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Rili, Numéro 3, janvier-février 2008

Numéro 3

janvier-février 2008


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À propos de Laure Noualhat, Déchets, le cauchemar du nucléaire,


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Version intégrale de : Le Hegel husserliannisé d’Axel Honneth. Réactualiser la philosophie hégélienne du droit

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Caroline Douki - No Man’s Langue. Vie et mort de la lingua franca méditerranéenne

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Jocelyne Dakhlia, Lingua franca. Histoire d’une langue métisse en Méditerrannée


Pierre Rousset - Au temps de la première altermondialisation. Anarchistes et militants anticoloniaux à la fin du xixe siècle

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Benedict Anderson, Les Bannières de la révolte


Yves Citton - Démontage de l’Université, guerre des évaluations et luttes de classes

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Christopher Newfield, Unmaking the Public University
Guillaume Sibertin-Blanc et Stéphane Legrand, Esquisse d’une contribution à la critique de l’économie des savoirs
Oskar Negt, L’Espace public oppositionnel


Christopher Newfield - L’Université et la revanche des «élites» aux États-Unis

Antonella Corsani, Sophie Poirot-Delpech, Kamel Tafer et Bernard Paulré - Le conflit des universités (janvier 2009 - ?)

Judith Revel - « N’oubliez pas d’inventer votre vie »

à propos de
Michel Foucault, Le Courage de la vérité, t. II, Le gouvernement de soi et des autres


Naomi Klein - Ca suffit : il est temps de boycotter Israël

Henry Siegman - Les mensonges d'Israël

Enzo Traverso - Le siècle de Hobsbawm

à propos de
Eric J. Hobsbawm, L’Âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991)


Yves Citton - La pharmacie d'Isabelle Stengers : politiques de l'expérimentation collective

à propos de
Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient


Isabelle Stengers - Fabriquer de l'espoir au bord du gouffre

à propos de
Donna Haraway,


Serge Audier - Walter Lippmann et les origines du néolibéralisme

à propos de
Walter Lippmann, Le Public fantôme
Pierre Dardot et Christian Laval, La Nouvelle Raison du monde. Essai sur la société néolibérale


Nancy Fraser - La justice mondiale et le renouveau de la tradition de la théorie critique

Mathieu Dosse - L’acte de traduction

à propos de
Antoine Berman, L’Âge de la traduction. « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire


Daniel Bensaïd - Sur le Nouveau Parti Anticapitaliste

à propos de
Jérôme Vidal, « Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA », RiLi n°9


Iconographie (légende)

La RiLi a toutes ses dents !

Yves Citton - La passion des catastrophes

Marielle Macé - La critique est un sport de combat

David Harvey - Le droit à la ville

Grégory Salle - Dérives buissonières au pays du dedans

Bibliographies commentées: "L'étude des camps" et "Frontière, citoyenneté et migrations"

Jérôme Vidal PS - Le Nouveau Parti Anticapitaliste, un Nouveau Parti Socialiste ? Questions à Daniel Bensaïd à la veille de la fondation du NPA

Marc Saint-Upéry - Amérique latine : deux ou trois mondes à découvrir

à propos de
Georges Couffignal (dir.), Amérique latine. Mondialisation : le politique, l’économique, le religieux
Franck Gaudichaud (dir.), Le Volcan latino-américain. Gauches, mouvements sociaux et néolibéralisme en Amérique latine
Hervé Do Alto et Pablo Stefanoni, Nous serons des millions. Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie
Guy Bajoit, François Houtart et Bernard Duterme, Amérique latine : à gauche toute ?


Bibliographie indicative sur l'Amérique latine: Néoprantestatisme, Migrations, Revues, et Biographies présidentielles

Peter Hallward - Tout est possible

L’anthropologie sauvage

Le Comité un_visible

Thomas Boivin - Le Bédef ou l’art de se faire passer pour un petit.

Frédéric Lordon - Finance : La société prise en otage

Mahmood Mamdani - Darfour, Cour pénale internationale: Le nouvel ordre humanitaire

André Tosel - Penser le contemporain (2) Le système historico-politique de Marcel Gauchet.Du schématisme à l’incertitude

à propos de
Marcel Gauchet, L’Avènement de la démocratie, tomes I et II


« Nous sommes la gauche »

André Tosel - Article en version intégrale. Le système historico-politique de Marcel Gauchet : du schématisme a l’incertitude.

à propos de
Marcel Gauchet,


Paul-André Claudel - Les chiffonniers du passé. Pour une approche archéologique des phénomènes littéraires

à propos de
Laurent Olivier, Le Sombre Abîme du temps. Mémoire et archéologie


Nous ne sommes pas des modèles d’intégration

Claire Saint-Germain - Le double discours de la réforme de l’école

Yann Moulier Boutang - Le prisme de la crise des subprimes :la seconde mort de Milton Friedman

Giuseppe Cocco - Le laboratoire sud-américain

à propos de
Marc Saint-Upéry, Le Rêve de Bolivar. Le défi des gauches sud-américaines


Emir Sader - Construire une nouvelle hégémonie

Maurizio Lazzarato - Mai 68, la « critique artiste » et la révolution néolibérale

à propos de
Luc Boltanski et Ève Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme


Carl Henrik Fredriksson - La re-transnationalisation de la critique littéraire

Harry Harootunian - Surplus d’histoires, excès de mémoires

à propos de
Enzo Traverso, Le Passé, modes d’emploi. Histoire, mémoire, politique


Stephen Bouquin - La contestation de l’ordre usinier ou les voies de la politique ouvrière

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Jérôme Vidal - La compagnie des Wright

Nicolas Hatzfeld, Xavier Vigna, Kristin Ross, Antoine Artous, Patrick Silberstein et Didier Epsztajn - Mai 68 : le débat continue

à propos de
Xavier Vigna, « Clio contre Carvalho. L’historiographie de 68 », publié dans la RILI n° 5


Nicolas Hatzfeld - L’insubordination ouvrière, un incontournable des années 68

à propos de
Xavier Vigna, L’Insubordination ouvrière dans les années 68. Essai d’histoire politique des usines


Thierry Labica - L’Inde, ou l’utopie réactionnaire

à propos de
Roland Lardinois, L’Invention de l’Inde. Entre ésotérisme et science


Christophe Montaucieux - Les filles voilées peuvent-elles parler ?

à propos de
Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, Les Filles voilées parlent


Yves Citton et Philip Watts - gillesdeleuzerolandbarthes.

à propos de
Les cours de Gilles Deleuze en ligne
François Dosse, Gillesdeleuzefélixguattari. Biographie croisée
Roland Barthes, Le Discours amoureux. Séminaire de l’École pratique des hautes études


Journal d’Orville Wright, 1902 / 1903

Yves Citton - Il faut défendre la société littéraire

à propos de
Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain. Sur la littérature, la vérité et la vie
Tzvetan Todorov, La Littérature en péril
Pierre Piret (éd.), La Littérature à l’ère de la reproductibilité technique. Réponses littéraires aux nouveaux dispositifs représentatifs créés par les médias modernes
Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold & Jean-Paul Sermain, L’Événement climatique et ses représentations (xviie – xixe siècles)


Marc Escola - Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire

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Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature


Xavier Vigna - Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68

à propos de
Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68
Serge Audier, La Pensée anti-68
Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective
Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68


Peter Hallward - L'hypothèse communiste d'Alain Badiou

à propos de
Alain Badiou, De Quoi Sarkozy est-il le nom ? Circonstances, 4


François Cusset - Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne

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Jean-Loup Amselle, L’Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes


Warren Montag - Sémites, ou la fiction de l’Autre

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Alain de Libera - Landerneau terre d'Islam

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Artistes invités dans ce numéro

Elsa Dorlin - Donna Haraway: manifeste postmoderne pour un féminisme matérialiste

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François Héran - Les raisons du sex-ratio

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Artistes invités dans ce numéro

Judith Butler - « Je suis l’une des leurs, voilà tout » : Hannah Arendt, les Juifs et les sans-état

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Hannah Arendt, The Jewish Writings


Christian Laval - Penser le néolibéralisme

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Yves Citton - Projectiles pour une politique postradicale

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Bernard Aspe, L’Instant d’après. Projectiles pour une politique à l’état naissant
David Vercauteren, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives


Philippe Pignarre - Au nom de la science

à propos de
Sonia Shah , Cobayes humains


Jérôme Vidal - Gérard Noiriel et la République des « intellectuels »

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Gérard Noiriel, Les Fils maudits de la République


Marc Escola - Les fables théoriques de Stanley Fish

à propos de
Stanley Fish, Quand lire c’est faire, L’autorité des communautés interprétatives


Artistes invités dans ce numéro

Philippe Minard - Face au détournement de l’histoire

à propos de
Jack Goody, The Theft of History


Vive la pensée vive !

Yves Citton - Éditer un roman qui n’existe pas

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Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse


Frédéric Neyrat - à l’ombre des minorités séditieuses

à propos de
Arjun Appadurai, Géographie de la colère : La violence à l’âge de la globalisation


Frédéric Neyrat - Avatars du mobile explosif

à propos de
Mike Davis, Petite histoire de la voiture piégée


Thierry Labica et Fredric Jameson - Le grand récit de la postmodernité

à propos de
Fredric Jameson, Le Postmodernisme ou la logique culturelle du capitalisme tardif
Fredric Jameson, La Totalité comme complot


Alberto Toscano - L’anti-anti-totalitarisme

à propos de
Michael Scott Christofferson, French Intellectuals Against the Left


Jérôme Vidal - Silence, on vote : les «intellectuels» et le Parti socialiste

Artistes invités dans ce numéro